A Uvira, des déplacés internes de Muyange souhaitent regagner leur village après des décennies d’exil
Sous l'initiative émotive et historique de Kifara Kapenda Kik’y, plus de 250 familles de déplacés internes cherchent à retourner dans leur village ancestral, Muyange, situé dans le territoire d’Uvira, groupement Kabunambo, plaine de la Ruzizi.
Sous l'initiative émotive et historique de Kifara Kapenda Kik’y, plus de 250 familles de déplacés internes cherchent à retourner dans leur village ancestral, Muyange, situé dans le territoire d’Uvira, groupement Kabunambo, plaine de la Ruzizi. Ces familles avaient fui vers des localités comme Sange, Rusabagi, Ndunda et Luberizi durant la rébellion muleliste.
Des
décennies de conflits armés, de violences intercommunautaires et d’instabilité
politique ont contraint ces familles à quitter leur terre, provoquant des
pertes humaines et la fragmentation de leur cohésion sociale et culturelle.
Gérard
Matibu Mupanzi, chef du groupement Kabunambo, a souligné l'importance du retour
de cette population vers leurs terres fertiles pour reconstruire leur espace
longtemps abandonné, ce qui favoriserait également la paix et le développement
dans la région. « Nous avons un peuple et
une terre, mais on ne construit pas. C'est le moment de reconstruire Muyange
», a-t-il déclaré.
Le
retour des habitants de Muyange, soutenu par Kik’y, symbolise leur quête de
justice et de rétablissement. Lors d'une rencontre le 17 novembre 2024, Kik’y a
affirmé : « Il est temps de tourner la
page de l’exil et de reconstruire notre communauté. Nos ancêtres ont bâti ce
village, et nous avons le devoir de le sauver pour les générations futures.
»
Les
habitants demandent une aide humanitaire pour reconstruire leurs maisons et retrouver
leur subsistance. Ils insistent sur la nécessité de réconciliation et de
soutien gouvernemental pour assurer sécurité et stabilité.
Manenga
Nabarongo, un habitant, a témoigné : « On
nous a tués, volés et nos maisons détruites. Désormais, nous voulons regagner
notre village natal. Si on me construisait une hutte aujourd'hui, je pourrais
déjà rentrer et recommencer une vie digne. Je suis fatigué de vivre chez autrui
et de parcourir la distance entre Sange et Muyange pour cultiver. »
Il
est essentiel que les organisations humanitaires locales et internationales se
mobilisent pour aider ces déplacés à reconstruire les infrastructures à Muyange
et sécuriser les terres laissées à l'abandon.
La
communauté internationale et les acteurs locaux doivent collaborer pour créer
un environnement favorable à la réintégration des déplacés et à une paix
durable dans la plaine de Ruzizi.
Pascal
BAHUNDE – LPA Sud-Kivu
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