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Idjwi : face à sa propre forme de guerre, la population risque « gros »

Le territoire d’Idjwi entouré par les eaux du lac Kivu dans la province du Sud-Kivu avec sa superficie de 310 kilomètres carré est habité par une population estimée à plus de 300.000 habitants. Cette population est actuellement confrontée à plusieurs actes et formes de vols, la délinquance juvénile, la persistance de la peste des petits ruminants principalement pour les chèvres, les boissons fortement alcoolisées, l’insuffisance des terres cultivables, le pire s’approche dans cet archipel reconnue comme l’entité la plus paisible et qui n’a jamais enregistrée des groupes armés à l’est de la République Démocratique du Congo.

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Par LPA-OP

15 juin 2024 • visibility 16220 vues

Idjwi : face à sa propre forme de guerre, la population risque « gros »

Le territoire d’Idjwi, entouré par les eaux du lac Kivu dans la province du Sud-Kivu, avec sa superficie de 310 kilomètres carrés, est habité par une population estimée à plus de 300.000 habitants.

Cette population est actuellement confrontée à plusieurs actes et formes de vols, la délinquance juvénile, la persistance de la peste des petits ruminants, principalement pour les chèvres, les boissons fortement alcoolisées, l’insuffisance des terres cultivables. Le pire s’approche dans cet archipel reconnu comme l’entité la plus paisible et qui n’a jamais enregistré des groupes armés à l’est de la République démocratique du Congo.

Des acteurs de la société civile et défenseurs des droits de l’homme, dénoncent presque chaque jour les actes de vols de biens de la population et la léthargie des services de sécurité censés protéger la population et sa richesse dans les six groupements du territoire d’Idjwi.

« Imaginez qu’en quelques deux semaines, des bandits ont volé un porc dans le village Bukenge et l’égorger dans la parcelle du propriétaire. Un autre cas s’est produit dans le village Tchinji, où les voleurs ont emporté la vache et l’abattre dans un autre village. Les autres ont détruit des étangs piscicoles et ont volé les poissons jusqu’à tabasser la victime qui a fini sur le lit de l’hôpital, donc la suite sera plus catastrophique », prévient un activiste de la société civile de Bugarula.

Des boissons poisons et promotion de la délinquance

Idjwi est devenu dépotoir des boissons fortement alcoolisées en provenance de la ville de Goma au Nord-Kivu. C’est chaque jour que l’on décharge des cartons de différentes catégories dont Simba, Chaleur, Chargeur, Maziwa ya papa, Nguvu, Chief Nyiragongo, Santa, Double Vitesse, Kamotomoto, Poutine, Satellite, etc. D’autres aussi sont produites localement, comme le Kanyanga, Mukanirwa et Wisky local.

« À longueur des journées, plusieurs jeunes ne font que consommer ces boissons fortement alcoolisées, fumer du chanvre et le vagabondage sexuel. Mardi passé, un jeune a provoqué la mort d’un papa du nom de Dewis Lukere dans le village de Buruhuka suite aux coups lui administrés. La victime est morte quelques jours après des soins au Centre de santé Shayo. Je ne comprends pas comment un État responsable laisse la latitude aux gens de fabriquer toutes ces formes de boissons très alcoolisées et de les commercialiser partout », regrette un autre défenseur des droits humains à Bunyakiri.

« D’ici 10 ans, nous n’aurons plus de jeunes capables de gérer la cité, si rien ne fait pour arrêter cette forme de guerre nous imposée ici. Aujourd’hui, des jeunes qui étaient forts physiquement et avaient de bonnes réflexions, sont devenus très minces avec un état de santé médiocre et qui ne produisent plus rien. » Rétorque aussi Chance Rwesi, jeune entrepreneur lors de son intervention dans l’émission Sauti ya Mkaaji de la Radio Obuguma, installée à Bugarula, dans la chefferie Rubenga.

Des députés d’Idjwi silencieux face aux malheurs de la population

Pendant les préparatifs des élections de décembre 2023, plusieurs candidats députés provinciaux et nationaux dans la circonscription électorale d’Idjwi ont fait la ronde dans plusieurs villages, avec des discours populistes, d’espoir, de confiance et d’honneur devant les électeurs. Plus grave, certains se sont montrés comme les vrais défenseurs de la population d’Idjwi.

« Ces députés proclamés par la CENI au compte du territoire d’Idjwi, nous ne savons pas s’ils sont partis réellement pour nous défendre dans les institutions du pays. Face à tous nos problèmes, ils ne parlent pas, ils n’arrivent pas pour nous assister, aucun message, même à travers notre radio locale, pendant que l’un d’entre eux disait qu’il va se battre pour redorer aux Bahavu leur honneur. Nos chèvres sont exterminées par la peste de petits ruminants, nos frères sont morts par noyade, aucune assistance de ces députés, d’autres territoires ont bénéficié des vaccins, Idjwi oublié, sont-ils vraiment nos représentants ? Nous sommes totalement déçus », conclut Espoir Nyakabingu, habitant interrogé par votre reporter.

Il y a lieu de s’interroger sur l’apport, l’intervention et l’efficacité de ces élus dans les maux qui rongent la population, car à part leurs prérogatives constitutionnelles, ils doivent aussi contribuer au développement de leur entité, rendre compte à la base pendant les vacances parlementaires et récolter les besoins prioritaires de la population à soumettre au gouvernement provincial et national.

La société civile invite le gouvernement à intervenir urgemment pour éviter des graves conséquences dans le milieu

« Ces voleurs qui amènent nos dindons, nos poules, nos produits champêtres et autres, vont finir par commencer à assassiner les gens dans leurs maisons. Le gouvernement devrait avoir un regard particulier sur Idjwi et agir rapidement pour que nous ne puissions pas perdre notre première richesse qui est notre paix et notre quiétude. »

Des activistes de droits humains proposent la construction d’une prison centrale à Idjwi afin que tous les bandits et autres malfaiteurs y soient déférés et jugés conformément aux lois de la République. Le manque de la maison pénitentiaire à Idjwi occasionne « une impunité et un dysfonctionnement » dans le traitement de plusieurs dossiers par des officiers de la police.

Ces mêmes acteurs recommandent à la hiérarchie de la Police nationale congolaise de procéder à la mutation des éléments de la PNC à Idjwi pour mettre fin à certains dérapages.


Richelieu BYAMANA - LPA Idjwi

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