Au Sud-Kivu, plus de 2000 ONG abondent leurs pancartes le long de la RN5, mais sans impact (Me Ghislain Barahiga)
L'impact des nombreuses ONG nationales et internationales sur les conditions socio-économiques des bénéficiaires de leurs projets continue à accroitre des inquiétudes comparativement à leurs visibilités sur le terrain dans la partie sud de la province du Sud-Kivu.
L'impact des nombreuses ONG nationales et internationales sur les conditions socio-économiques des bénéficiaires de leurs projets continue à accroitre des inquiétudes comparativement à leurs visibilités sur le terrain dans la partie sud de la province du Sud-Kivu.
Lors d'un échange avec lapresseafricaine.net ce lundi 2 décembre 2024, Maître Ghislain Barahiga souligne les doutes des bénéficiaires vis-à-vis de ces ONG et du rôle régulateur du gouvernement. Selon lui, les préoccupations des habitants peuvent légitimement conduire à des accusations de corruption et de rétro-commissions à l'encontre de l'État, qui autorise l'implantation des ONG.
« Il faut rappeler qu’il est de la responsabilité du gouvernement de guider ces organisations et d’assurer le suivi de leurs projets, dans le cadre de soutenir ses efforts face aux défis de la population », a-t-il souligné.
Lire aussi: Sud-Kivu : multiplicité d’ONG à Uvira et Fizi et son impact sur le développement local
Dans la logique, un impact positif ne
pourra être réalisé que si les ONG identifient d’abord les véritables besoins ressentis par des habitants. « Apporter
des chaussures à quelqu'un qui n'a pas à manger, c'est futile ; il finira par
les vendre, restant pieds nus pour nourrir sa famille », a-t-il
expliqué. Cela révèle un décalage entre les projets conçus à l'extérieur et la
réalité des bénéficiaires.
Concernant la complicité de l'État, Me
Barahiga, coordonnateur de l'Observatoire de gouvernance et de droits humains
(OGDH) a affirmé
que la mission principale du gouvernement congolais est de protéger son
territoire et sa population, soulignant son implication en raison d'un manque
de suivi des projets réalisés par ces ONG.
Il a noté que les fonds investis par
les ONG dans le Sud-Kivu depuis 1996 pourraient financer la construction d'une
ville comparable à Washington. En outre, la province compte plus de 2000 ONG
qui abondent leurs pancartes le long de la RN5 passant par les territoires de
Walungu, Uvira, Fizi et Kabare.
Rémy BASHIGE - LPA Sud-Kivu
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