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lpa | 01 mars 2026 | 115 vues

Crise sécuritaire au Sud-Kivu : l’accès humanitaire de plus en plus difficile dans des zones touchées par les conflits armés

Dans un contexte marqué par une insécurité persistante et des restrictions d’accès, les acteurs humanitaires font face à d’énormes difficultés sur le terrain. Alors que les besoins humanitaires demeurent importants dans plusieurs zones affectées par les conflits armés, certaines localités restent difficilement accessibles, laissant de nombreuses populations sans assistance.

Selon le coordinateur provincial de la Nouvelle Société Civile Congolaise, Mafikiri Mashimango, les organisations humanitaires éprouvent d’importantes difficultés pour atteindre toutes les zones touchées par les violences. Il évoque notamment des blocages occasionnels imposés aux mouvements humanitaires, certains groupes armés avançant des raisons sécuritaires pour suspendre ou limiter les interventions.

« Les besoins existent et sont urgents, mais les problèmes sécuritaires bloquent l’assistance. Dans certains cas, l’aide pourrait être acheminée, mais la situation sécuritaire ne le permet pas. Donc, les personnes qui ont besoin d’être assistées pourraient effectivement l’être. Cependant, les contraintes sécuritaires constituent un obstacle majeur. Par exemple, une personne se trouvant à Nyamutiri peut, en principe, bénéficier d’une assistance. » a indiqué Mafikiri Mashimango.

Et d'ajouter : « Mais si la situation sécuritaire ne le permet pas, l’aide ne peut malheureusement pas être acheminée. C’est pourquoi, à notre niveau, nous menons des actions de plaidoyer. Nous échangeons avec le gouvernement congolais ainsi qu’avec d’autres parties prenantes, y compris certains acteurs politiques, afin qu’ils prennent en considération les actions humanitaires et facilitent l’accès aux populations vulnérables »

Pour Willy Seremba, l'un de leader des organisations locales et membre de CRIPAD-asbl : « face aux difficultés sécuritaires, les organisations humanitaires ont dû adapter leurs stratégies de travail. Pendant les périodes les plus critiques, elles ont adopté un profil bas afin de continuer leurs activités sans s’exposer davantage aux risques. Cette approche leur a permis de poursuivre les interventions malgré les contraintes. Certaines équipes ont même travaillé à domicile pour maintenir le lien avec les bénéficiaires, bien que l’accès aux populations dans le besoin restait particulièrement difficile. Aujourd’hui, la situation s’est relativement améliorée. »

Face à cette situation, la société civile affirme poursuivre ses actions de plaidoyer auprès du gouvernement congolais et des autres parties prenantes afin que les interventions humanitaires soient protégées et facilitées.

Contacté à ce sujet Seth Maravanga, Président urbain du Comité international de la Croix-Rouge explique : « Vous le savez, la mission humanitaire est une mission noble et essentielle. Cependant, dans l’exercice de cette mission, nous faisons face à de nombreux défis: Premièrement, il y a les difficultés liées à la sécurité. Les équipes humanitaires sont parfois confrontées à des menaces directes, notamment contre les convois, aux risques liés aux armes, ainsi qu’à l’insécurité persistante dans certaines zones. Ces situations constituent des obstacles majeurs à notre action.

« Deuxièmement, nous rencontrons des contraintes administratives et bureaucratiques. Il peut s’agir de restrictions d’accès, de blocages de convois ou encore de lenteurs administratives qui retardent l’assistance aux populations vulnérables.

Un autre défi important est le manque de compréhension du rôle des organisations humanitaires. Certaines communautés ne comprennent pas toujours notre mission ni l’importance du respect de l’emblème de la Croix-Rouge, qui est un symbole de neutralité et de protection. Le non-respect de cet emblème peut mettre en danger nos équipes et compromettre nos interventions. Nous faisons également face à des défis logistiques et sanitaires, notamment lors des déplacements massifs de populations ou en période d’épidémies. Ces situations compliquent davantage l’acheminement de l’aide. À cela s’ajoutent les contraintes financières. L’attitude des donateurs, les sanctions économiques et la réduction des financements rendent difficile la poursuite des opérations sur le long terme. » a-t-il fait savoir.

De son côté, Shukuru Shemitalo, analyste indépendant, souligne l’importance capitale des interventions humanitaires en période de conflits armés. Il met en avant les déplacements massifs de populations, l’aggravation de l’insécurité alimentaire et sanitaire, autant de facteurs qui exigent une aide urgente, coordonnée et sans entrave.

Cependant, les restrictions d’accès humanitaire restent un défi majeur, particulièrement dans certaines zones où la situation sécuritaire demeure instable. Alors que les appels à l’assistance se multiplient, notamment à Uvira, les acteurs humanitaires et les organisations de la société civile plaident pour une meilleure coordination et un accès humanitaire renforcé, afin de garantir une assistance efficace aux populations les plus vulnérables.

Article produit dans le cadre de la campagne « Habari za Mahali », exécutée par le consortium UNPC-UFMP-COMEL avec l’appui financier de La Benevolenciya.

 

La Rédaction

 



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