Idjwi: le choléra gagne du terrain, les femmes enceintes et enfants perdent la vie
Le territoire d'Idjwi est confronté à l'épidémie de choléra depuis plusieurs mois, qui provoque aussi des morts au sein de la population locale.
Le territoire d'Idjwi est confronté à l'épidémie de choléra depuis plusieurs mois, qui provoque aussi des morts au sein de la population locale. Certains villages souffrent de la pénurie d'eau potable et les maladies de mains sales persistent dans des familles qui vivent depuis dans une promiscuité avec les événements de la guerre.
La chefferie Rubenga sous emprise du choléra
Dans le groupement Bugarula, le village Bulega est ciblé avec plus de dix (10) cas les deux dernières semaines avec le décès d'une femme enceinte, confirment plusieurs sources. Ce village ne dispose pas de sources d'eau potable, une situation qui expose au quotidien les habitants aux maladies d'origine hydrique depuis des décennies. « Les habitants parcourent plus de quatre kilomètres à la recherche de l'eau potable. L'adduction de Kibanda peut desservir plus de 6 villages en eau potable, mais il faut des gros moyens pour y parvenir », explique Rhubane Bisimwa, habitant du milieu.
Du côté du groupement de Bunyakiri, la situation est presque la même
Les villages Bunyakiri, Buruhuka, Bweshu, Bukumbi et Busobe sont aussi affectés. Une autre femme enceinte du nom de Tuombe Sabose du quartier Congero dans le village Bunyakiri est décédée aux premières heures de la matinée de ce samedi 29 août de suite de la diarrhée et des vomissements. Le mari et ses voisins ont tenté de l'amener dans une structure sanitaire mais elle a perdu la vie en route, affirme Amani Bantubaluge, membre de la communauté U-Report d'Idjwi Nord.
D'autres villages du groupement Kihumba comme Buyumbu et Kihumba, les cas sont légion
Dans un communiqué d'alerte rendu public le 22 août par la communauté U-Report, la situation est alarmante dans la zone de santé d'Idjwi.
« Les patients admis ou pris en charge dans les structures médicales sont contraints de payer leurs soins. L'État ne garantit pas la gratuité effective de la prise en charge du choléra, une situation qui constitue un obstacle majeur pour les populations vulnérables », lit-on dans ce document.
En chefferie Ntambuka, des morts y sont aussi comptabilisés
En date du vendredi 14 août, deux enfants d'une même famille, l'un de 8 ans et l'autre de 15 ans, avaient perdu la vie à la suite de cette maladie dans le village de Buzibu, groupement Mpene, selon la société civile locale.
Un appel pressant aux partenaires humanitaires
Des acteurs de la société civile et défenseurs des droits humains d'Idjwi lancent un cri d'alarme aux partenaires afin d'intervenir et de sauver la population. Ils plaident pour l'approvisionnement en urgence des stocks de sérums de réhydratation, médicaments, kits et prise en charge gratuite des malades.
Ils appellent à la construction de l'adduction d'eau de Kibanga, qui a un débit fort capable de desservir les villages de Kashiraboba, Bulega, Ngula, Kibanda, Lweza et d'autres en eau potable.
Richelieu Byamana – LPA Sud-Kivu