Kasaï/Violation et abus des droits humains : les autorités provinciales sont soit commanditaires, soit auteurs (RPDDH)
Le Réseau de protection des défenseurs des droits humains (RPDDH) Kasaï accuse les autorités provinciales de commanditer les actes de violations et abus des droits humains pour une période comprise entre le mois de janvier et septembre 2024.
Le Réseau de protection des défenseurs des droits
humains (RPDDH) Kasaï accuse les autorités provinciales de commanditer les
actes de violations et abus des droits humains pour une période comprise entre
le mois de janvier et septembre 2024.
Dans une déclaration faite ce jeudi 26 septembre
2024 relative à la situation des droits humains dans la province du Kasaï, le
RPDDH Kasaï trace un bilan affolant des cas de violations et d’abus des droits
humains.
Dans cette déclaration parvenue à La Presse
africaine ce vendredi 27 septembre 2024, le RPDDH observe une incrédulité dans
le chef des autorités provinciales dans le respect et la protection des droits
humains tout en se contredisant à une obligation reconnue à l'État par des
instruments juridiques nationaux et internationaux, laquelle obligation de
promouvoir et protéger les droits humains. Elles se sont, poursuit le RPDDH,
transformées à la place de protéger les droits humains en bourreaux, ce qui
empêche un environnement démocratique dans la province du Kasaï.
Le RPDDH répertorie les cas de violations et
d’abus des droits humains entre le mois de janvier et septembre 2024 pour la
province du Kasaï de la manière suivante :
Dans le territoire de Mweka :
- en date du 5 septembre, 4 personnes ont été enlevées à Bakwakenge et
détenues à Kananga dans la province du Kasaï Central sans être informées
du motif de leur arrestation ;
- la résidence du comptable d'État a été incendiée par un groupe d'infirmiers
en date du 23 août 2024 en lui reprochant d'avoir détourné leur prime ;
- Des tracasseries et des arrestations arbitraires causées par les
éléments des FARDC du secteur des renseignements commis sur le tronçon
Kakenge-Bakwakenge,
- Un policier a tiré à bout portant sur un élève qui lui réclamait sa
dette à Bongo Gare, une cité située à 35 kilomètres du chef-lieu du
territoire de Mweka ;
- les conflits de terre entre Bakwakenge de Mweka au Kasaï et Demba au
Kasaï central refont face le 17 mars 2024 et entraînent le déplacement
massif des populations estimées à 5500 personnes ;
Territoire d'Ilebo
- le 22 juillet 2024, un militaire à la base navale commis à la garde de
leur état major a quitté son poste pour aller tirer sur sa femme jusqu'à
l'achever sans être inquiété ;
- Un homme battu à mort au parquet par des policiers de garde pour avoir
sollicité d'aller se soulager.
Territoire de Défense
- Les militaires ont érigé la barrière à 22 kilomètres du chef-lieu de
ce territoire et tracassent la population, pillent leurs biens et sèment
une insécurité permanente ;
- Détentions illégales dans la prison centrale où les prévenus
croupissent dans la misère durant 2 à 3 mois sans être entendus sur PV ni
informés du motif de leur arrestation ;
- l'obligation des frais d'audition pour les prévenus et des conditions
de 10.000 FC pour donner l'accès à des vivres et non vivres pour les
détenus
Territoire de Luebo
- Un policier d'environ 44 ans a violé en date du 20 août 2024 une fille
de moins de 18 ans qui l'aidait à faire des travaux ménagers ;
Dans la ville de Tshikapa
- L'arrestation arbitraire du journaliste Éric Muswamba ;
- Agression physique du journaliste Henri Ntambue par des personnes non
identifiées après l'animation de son émission au mois de février dernier ;
- la répression de la marche pacifique organisée par la fondation Mwetu
Mua Kele pendant laquelle les organisateurs ont été sévèrement brutalisés
avant d'être interpelés à la police où ils ont passé 72 heures ;
- Les menaces de mort du DDH Joël Minga pour avoir dénoncé les actes frauduleux
causés par certains candidats députés nationaux aux élections de décembre
2023, lesquels actes devraient conduire ces derniers à l'invalidation,
comme ça a été le cas pour les autres ;
- Menaces de mort de la DDH Julie Ochano Zenga pour avoir décrié la
non-inclusion et la faible représentativité des femmes dans le
gouvernement provincial du nouveau gouverneur ;
- Trois filles d'environ 12, 14, 18 ans chacune ont été victimes en date
du 29 août 2024 par des hommes armés non identifiés au quartier Matempu
dans la commune de Kanzala ;
- Le non-paiement des agents des services publics depuis maintenant plus
de 5 mois (le cas de l'assemblée provinciale et du gouvernorat du Kasaï).
Le RPDDH insinue que la plupart des cas de
violations et d'abus des droits humains dans la province du Kasaï sont soit
commis par les autorités investies du pouvoir public, soit dans des
institutions publiques, et tout ceci passe dans le laxisme du pouvoir
provincial. C'est d'ailleurs ce qui met à nu l'incompétence et la passivité des
autorités provinciales.
Henri Ntambue – LPA Tshikapa
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