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La non-acceptation et la discrimination ethnique à Uvira : un obstacle à la paix communautaire et aux liens transfrontaliers

Depuis plusieurs années, la partie sud de la province du Sud-Kivu est marquée par une détérioration progressive de la cohésion sociale et du vivre-ensemble entre différentes communautés. À l’origine de cette situation, la stigmatisation et la discrimination de certaines communautés, souvent qualifiées d’étrangères, en raison de leur langue ou de leur morphologie.

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Par LPA-OP

20 juin 2025 • visibility 343 vues

La non-acceptation et la discrimination ethnique à Uvira : un obstacle à la paix communautaire et aux liens transfrontaliers

Depuis plusieurs années, la partie sud de la province du Sud-Kivu est marquée par une détérioration progressive de la cohésion sociale et du vivre-ensemble entre différentes communautés. À l’origine de cette situation, la stigmatisation et la discrimination de certaines communautés, souvent qualifiées d’étrangères, en raison de leur langue ou de leur morphologie.

Ces perceptions, nourries par des préjugés persistants, sont à l’origine de nombreuses conséquences graves, avec des impacts négatifs sur les humains et sur les infrastructures.

Le cas le plus récent s’est produit le mardi 18 juin 2025, non loin du bureau de la chefferie des Bavira, où un malentendu entre un groupe de civils armés et une vingtaine de membres de la communauté Banyamulenge escortés par des soldats burundais déployés dans cette zone pour des missions de sécurité a dégénéré en tirs. Ces civils de la communauté banyamulenge provenaient des hauts plateaux en groupement de Bijombo pour accompagner une personne malade pour des soins à Uvira-ville. La taille du groupe escorté a suscité la méfiance de certains civils armés, qui ont suspecté une possible infiltration rebelle, accusant les soldats burundais d'être leurs alliés.

Les autorités militaires sont intervenues pour protéger les personnes qui étaient câblées. Même cas pour la communauté Bashi, qui, depuis la détérioration de la situation sécuritaire dans la province, elle est taxée d'être complice de rebelles et subits différentes menaces.

Cette attitude est condamnée par certains experts en relations nationales et régionales. Pour Patience MIRUHO, expert en relations internationales, la non-acceptation de certaines communautés, associée à la discrimination ethnique et aux accusations de complicité avec des groupes armés, constitue une menace pour la paix communautaire et régionale. Elle fragilise l’unité nationale, envenime les relations transfrontalières et nourrit l’instabilité. Selon lui, la mise en place d’une commission de vérité et de réconciliation, impliquant toutes les communautés d’Uvira, pour discuter des griefs historiques et identifier des réparations symboliques ou concrètes, ainsi que l’intégration dans les écoles de modules sur la diversité culturelle, le vivre ensemble et les droits humains, sont d’une importance capitale pour y faire face.

« Une loi contre les discours de haine ethnique devrait être appliquée fermement. L’État congolais et les différentes organisations de paix doivent faire la promotion des initiatives conjointes avec les pays voisins (Burundi, Rwanda) autour des projets économiques ou éducatifs partagés », exhorte Patience MIRUHO.

Contacté quant à ce, Kifara KAPENDA Kyk'y, maire adjoint et maire à l’intérim de la ville d’Uvira, a, dans une interview jeudi 19 juin, appelé différentes communautés à l’apaisement et à lutter contre la division, surtout en ces moments exceptionnels où la province, et la ville d’Uvira en particulier, fait face à l’agression rebelle. Nous devons aussi comprendre le contexte dans lequel nous sommes et éviter la globalisation pour la stabilité de notre ville, a-t-il conclu, Kifara Kapenda Kyk'y.


Article rédigé dans le cadre de la campagne Vrai ou Faux exécutée par la Corporation des Médias en ligne d'Uvira Fizi et Mwenga "COMEL-RDC" et la SYMUF - MAISON DE LA PRESSE.

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