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Lubero : déplacés de guerre, des parents peinent à nourrir et scolariser leurs enfants

À Lubero-Centre, dans le Nord-Kivu, des familles déplacées vivent dans une précarité grandissante. Privés de leurs champs et de leurs sources habituelles de revenus, certains parents peinent à assurer les besoins les plus élémentaires de leurs enfants, notamment l’alimentation, les soins de santé et la scolarité.

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Par LPA-OP

01 août 2026 • visibility 804 vues

Lubero : déplacés de guerre, des parents peinent à nourrir et scolariser leurs enfants

À Lubero-Centre, dans le Nord-Kivu, des familles déplacées vivent dans une précarité grandissante. Privés de leurs champs et de leurs sources habituelles de revenus, certains parents peinent à assurer les besoins les plus élémentaires de leurs enfants, notamment l’alimentation, les soins de santé et la scolarité.

Le déplacement n’a pas seulement contraint ces familles à abandonner leurs villages. Il les a également privées de leurs moyens de subsistance. À Lubero-centre, plusieurs parents déplacés disent aujourd’hui vivre au jour le jour, dépendant de petits travaux, de l’aide de proches ou de familles d’accueil pour tenter de subvenir aux besoins de leurs ménages.

Arrivée de Bingi il y a environ un an, Kahindo Élodie fait partie de ces parents confrontés aux difficultés de la vie en déplacement. Elle affirme avoir quitté son milieu d’origine sans pouvoir emporter de ressources suffisantes pour recommencer sa vie ailleurs.

« C’est vraiment très compliqué. J’ai dû quitter Bingi les mains vides. Ici, je rends de petits services contre de l’argent. Je n’ai pas de champ et je mange très difficilement. Suis locataire, mon bailleur attend à la fin de chaque mois ce qui est de son droit. C’est vraiment pitoyable », témoigne-t-elle.

Des familles privées de leurs moyens de subsistance

Comme Élodie, de nombreux déplacés installés à Lubero-centre ont perdu l’accès à leurs champs, à leurs commerces ou à leurs activités génératrices de revenus. Pour certains ménages essentiellement agricoles, cette rupture signifie la perte de leur principale source de nourriture et de revenus.

La recherche quotidienne de quoi manger devient alors une priorité, au détriment d’autres besoins essentiels. Les dépenses liées à l’éducation ou aux soins de santé deviennent particulièrement difficiles à supporter pour des familles qui disposent de très peu de ressources.

Quatre enfants contraints d'abandonner l'école

Pour Kasereka Kiyingo, déplacé de Kayna, dans le sud du territoire de Lubero, les conséquences de cette précarité se font également sentir dans l’éducation de ses enfants.

Père de quatre enfants en âge de fréquenter l’école secondaire, il affirme ne plus être en mesure de financer leur scolarité. Tous ont dû interrompre leurs études.

« J’ai quatre enfants qui devraient être à l’école secondaire. Tous ont abandonné. Je suis sans esprit tellement la vie ici à Lubero est compliquée », déplore-t-il.

À cette difficulté s’ajoutent les dépenses médicales. Pour ce père de famille, une maladie au sein du ménage peut rapidement devenir une nouvelle source d’endettement ou d’impuissance.

« Lorsqu’on tombe malade, il devient très difficile de parvenir à payer la facture. Nous n’arrivons plus à subvenir aux besoins élémentaires de nos enfants », explique-t-il.

Un appel au rétablissement de la paix

Au-delà de l’aide humanitaire, les parents déplacés rencontrés à Lubero mettent en avant une autre priorité : le retour de la sécurité dans leurs zones d’origine.

Kasereka Kiyingo appelle les autorités à intensifier les efforts en faveur de la paix afin de permettre aux populations déplacées de retrouver leurs villages et leurs moyens de subsistance.

« Que le gouvernement fasse tout son possible pour restaurer la paix dans cette partie du pays », souhaite-t-il.

Depuis plusieurs années, le Nord-Kivu est confronté à une situation sécuritaire instable, marquée notamment par la rébellion du M23 et les violences attribuées aux ADF, auxquelles s’ajoutent les activités de plusieurs groupes armés locaux.

Ces violences ont provoqué d’importants déplacements de populations civiles dans plusieurs territoires de la province. À Lubero, des familles continuent ainsi de vivre loin de leurs terres et de leurs activités, dans l’attente de conditions permettant un retour dans leurs villages.

Pour ces parents, l’urgence ne se résume donc pas à trouver un logement. Il s’agit aussi de retrouver un revenu, de nourrir les enfants, de payer leurs études, d'accéder aux soins et, surtout, de retrouver la possibilité de vivre dignement.

La RDC célébrait à ce 1ᵉʳ août la journée nationale dédiée aux parents vivants et consacrée à la mémoire de parents décédés. À Lubero centre, aucune activité y relative n'a été organisée.

 

Irave Wavomundu – LPA Lubero

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