RDC : Uvira réclame officiellement le statut de « ville sinistrée » après une longue liste de crises
Le maire intérimaire d’Uvira, M. Kifara Kapenda Kik’y, plaide en faveur de la reconnaissance du statut de « ville sinistrée » pour Uvira, chef-lieu provisoire de la province du Sud-Kivu, soulignant que la ville est confrontée à une série de catastrophes.
Dans une interview accordée à La
Presse Africaine, monsieur KAPENDA KIK’Y a rappelé les épreuves accumulées par
la population uviroise depuis l’installation de la ville en 2019. « Nous avons un cahier des charges à soumettre
à nos autorités. En réalité, la ville d’Uvira est remplie des conditions d’être
déclarée ville sinistrée et territoire sinistré », a-t-il déclaré,
insistant sur la nécessité d’une reconnaissance officielle pour accélérer les
efforts de reconstruction.
Ville marquée par une série de crises
Au cours de l’entretien, le maire a.i a
parcouru brièvement le fil des événements qui, selon lui, ont marqué la
trajectoire de la ville au fil des années. Dès ses prémices, Uvira a été
frappée par de multiples catastrophes. En février 2020, les inondations des
rivières ont provoqué des dégâts humains et matériels importants. Puis est
venue la crise sanitaire liée à la COVID-19, suivie par les débordements du lac
Tanganyika qui ont perturbé les activités et l’habitat.
S’y ajoutent des années marquées par
des turbulences sécuritaires liées à des crises provoquées par la rébellion de l’AFC-M23.
M. KAPENDA Kik’y parle d’une « année de résistance » liée à des tensions
locales, et surtout à l'occupation temporaire de la ville par des éléments
rebelles du M23, du 9 décembre 2025 au 17 janvier 2026. « La succession de tous ces événements ne fait que retarder le décollage
de la ville, ne fait qu’agenouiller cette population », a-t-il affirmé,
soulignant l’impact sur les vies quotidiennes et l’économie locale.
« Ville sinistrée » pour relever les défis
Face à ce contexte, le maire par intérim
de la ville d’Uvira appelle à une déclaration officielle de « ville sinistrée »
afin de mobiliser les ressources et de mobiliser la population autour d’un
rebond collectif. Selon lui, la reconnaissance du statut favoriserait non
seulement la reconstruction matérielle mais aussi le décollage social et
économique d’Uvira. « Nous comptons aussi
mobiliser, faire comprendre et faire participer les citoyens et citoyennes
d’Uvira pour la reconstruction, le décollage de cette ville », a-t-il
insisté.
Pour autant, M. Kik’y insiste sur
l’importance d’inscrire ces événements dans l’histoire de la République
démocratique du Congo. « Là où la guerre
a pris fin, c’est ici à Uvira. Ça doit être inscrit dans l’histoire »,
a-t-il conclu, appelant à une prise en charge globale qui dépasse les seuls
aspects locaux et s’inscrit dans une mémoire nationale des crises et des
résiliences.
Des acteurs locaux estiment que la
reconnaissance du statut de ville sinistrée pourrait faciliter l’accès à des
financements dédiés et à des mécanismes de soutien technique et logistique,
tout en renforçant les mécanismes de coordination entre les autorités
provinciales et centrales et les partenaires internationaux présents dans la
région des Grands Lacs.
Entre-temps, la population d’Uvira
demeure résiliente. Les autorités appellent à la participation citoyenne pour
conduire à bien les projets de reconstruction et rétablir le quotidien des
habitants, tout en préservant la mémoire collective des épreuves traversées.
Pascal BAHUNDE – LPA Sud-Kivu
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