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lpa | 03 mars 2026 | 418 vues

RDC : Uvira réclame officiellement le statut de « ville sinistrée » après une longue liste de crises

Le maire intérimaire d’Uvira, M. Kifara Kapenda Kik’y, plaide en faveur de la reconnaissance du statut de « ville sinistrée » pour Uvira, chef-lieu provisoire de la province du Sud-Kivu, soulignant que la ville est confrontée à une série de catastrophes.

Dans une interview accordée à La Presse Africaine, monsieur KAPENDA KIK’Y a rappelé les épreuves accumulées par la population uviroise depuis l’installation de la ville en 2019. « Nous avons un cahier des charges à soumettre à nos autorités. En réalité, la ville d’Uvira est remplie des conditions d’être déclarée ville sinistrée et territoire sinistré », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité d’une reconnaissance officielle pour accélérer les efforts de reconstruction.

Ville marquée par une série de crises

Au cours de l’entretien, le maire a.i a parcouru brièvement le fil des événements qui, selon lui, ont marqué la trajectoire de la ville au fil des années. Dès ses prémices, Uvira a été frappée par de multiples catastrophes. En février 2020, les inondations des rivières ont provoqué des dégâts humains et matériels importants. Puis est venue la crise sanitaire liée à la COVID-19, suivie par les débordements du lac Tanganyika qui ont perturbé les activités et l’habitat.

S’y ajoutent des années marquées par des turbulences sécuritaires liées à des crises provoquées par la rébellion de l’AFC-M23. M. KAPENDA Kik’y parle d’une « année de résistance » liée à des tensions locales, et surtout à l'occupation temporaire de la ville par des éléments rebelles du M23, du 9 décembre 2025 au 17 janvier 2026. « La succession de tous ces événements ne fait que retarder le décollage de la ville, ne fait qu’agenouiller cette population », a-t-il affirmé, soulignant l’impact sur les vies quotidiennes et l’économie locale.

« Ville sinistrée » pour relever les défis

Face à ce contexte, le maire par intérim de la ville d’Uvira appelle à une déclaration officielle de « ville sinistrée » afin de mobiliser les ressources et de mobiliser la population autour d’un rebond collectif. Selon lui, la reconnaissance du statut favoriserait non seulement la reconstruction matérielle mais aussi le décollage social et économique d’Uvira. « Nous comptons aussi mobiliser, faire comprendre et faire participer les citoyens et citoyennes d’Uvira pour la reconstruction, le décollage de cette ville », a-t-il insisté.

Pour autant, M. Kik’y insiste sur l’importance d’inscrire ces événements dans l’histoire de la République démocratique du Congo. « Là où la guerre a pris fin, c’est ici à Uvira. Ça doit être inscrit dans l’histoire », a-t-il conclu, appelant à une prise en charge globale qui dépasse les seuls aspects locaux et s’inscrit dans une mémoire nationale des crises et des résiliences.

Des acteurs locaux estiment que la reconnaissance du statut de ville sinistrée pourrait faciliter l’accès à des financements dédiés et à des mécanismes de soutien technique et logistique, tout en renforçant les mécanismes de coordination entre les autorités provinciales et centrales et les partenaires internationaux présents dans la région des Grands Lacs.

Entre-temps, la population d’Uvira demeure résiliente. Les autorités appellent à la participation citoyenne pour conduire à bien les projets de reconstruction et rétablir le quotidien des habitants, tout en préservant la mémoire collective des épreuves traversées.

 

Pascal BAHUNDE – LPA Sud-Kivu



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