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Sud-Kivu : l’UFMP poursuit son combat contre les pratiques coutumières rétrogrades à Uvira

L’Union des femmes des médias pour la paix (UFMP) dénonce les pratiques coutumières qu’elle considère comme rétrogrades et bafouant les droits fondamentaux des femmes dans la province du Sud-Kivu.

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Par LPA-OP

13 décembre 2024 • visibility 800 vues

Sud-Kivu : l’UFMP poursuit son combat contre les pratiques coutumières rétrogrades à Uvira

L’Union des femmes des médias pour la paix (UFMP) dénonce les pratiques coutumières qu’elle considère comme rétrogrades et bafouant les droits fondamentaux des femmes dans la province du Sud-Kivu.

Cela a été exprimé lors d’une tribune populaire qu’elle a organisée à Uvira ce mercredi 11 décembre 2024, où les participantes ont souligné l’urgence de mettre fin à ces pratiques ancrées dans les traditions. 

« Ces pratiques, souvent présentées comme des piliers des coutumes, entraves à notre émancipation », a déclaré Madame Godelive Lugambo, présidente de la société civile Force vive d’Uvira. Celle-ci a particulièrement pointé du doigt la pratique consistant à déflorer des jeunes filles vierges lors de l’intronisation d’un Mwami. « Cette pratique chosifie ces jeunes filles et viole ouvertement les lois sur les droits de l’homme », a-t-elle dénoncé.

« Nous savons la valeur de la virginité, et maintenant elle a été déviergée alors qu’elle est encore mineure, contrairement à la loi, alors que nul n’est au-dessus de la loi », renchéri –t-elle.

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Pendant ce débat actif qui entre dans le cadre du projet « briser les coutumes rétrogrades pour une sécurité inclusive », certains hommes et gardiens des coutumes contestent l’expression « coutumes rétrogrades », jugeant qu’elle est trop péjorative et risque de nier l’importance de la culture africaine. 

« Dire 'coutumes rétrogrades', c’est comme nier notre identité culturelle », estime monsieur Mapenzi Manyebwa, l’un des participants. Selon lui, « il faudrait plutôt parler de certaines pratiques qui violent les droits des femmes et chercher des solutions ensemble ».

Même point de vue du côté de monsieur Shukuru Shemitalo, sociologue et chercheur en genre qui, indique que parler des coutumes rétrogrades sociologiquement et anthropologiquement, cela veut dire que la coutume qui est tout un système codifié, ses valeurs et normes culturelles sont négatives. Alors que « il y a des bonnes pratiques et des mauvaises pratiques dans chaque coutume ».

Ir Byamungu Zembe Zembe Jean-Pierre, gardien de coutume chez les Bavira, lui ausi insiste sur la non-existence d’une quelconque coutume rétrograde et souligne d’ailleurs que l’organisation coutumière a déjà concédé plusieurs pratiques coutumières en réponse à cette lutte des femmes, mais ces dernières ne veulent pas le prendre en considération.

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Face à ces divergences, cette tribune d’expression populaire qui entre dans le cadre du programme Inclusion des femmes dans la nouvelle sécurité, WINS de Search for Common Ground qui appuie financièrement l’UFMP, appelle à un dialogue constructif entre les différentes parties prenantes. « Il est important de reconnaître que certaines coutumes ont un impact négatif sur les femmes, tout en respectant les traditions », explique Bukuru Mwimule, responsable de programme à l’UFMP.

Celle-ci appelle également à trouver un équilibre entre le respect des valeurs culturelles et la promotion des droits de la femme. 


Pascal BAHUNDE – LPA Sud-Kivu

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