Uvira : des petites commerçantes mobilisées pour garantir la survie de leurs familles malgré les faibles moyens
Malgré l’expansion de la crise humanitaire et économique causée par l’insécurité persistante dans l'Est de la République démocratique du Congo, les petites commerçantes de la ville d’Uvira, au Sud-Kivu, continuent d'exercer leur activité avec détermination pour assurer la stabilité financière de leurs ménages.
Cette
situation laisse de nombreux hommes sans emploi, tandis que les femmes passent
parfois toute la journée à chercher les moyens de subsistance pour leurs
familles.
« Nous vivons des moments tellement
difficiles qu'il ne nous reste d'autre choix que de nous débrouiller pour
soutenir nos maris au chômage et veiller à la survie de nos enfants »,
explique Jolie Karahusi, vendeuse de légumes et d'épices au petit marché de
Kavimvira.
Elle
ajoute : « Il arrive que nous ayons peur
de la situation que nous traversons, mais nous sommes contraintes d'agir, car
la peur ne satisfait pas les besoins fondamentaux de nos ménages. »
Des moyens mis en œuvre pour faciliter
l’approvisionnement
Avec
la fermeture des frontières et des voies d'exportation et d'importation, les
petites commerçantes de la ville ont développé des stratégies pour
s’approvisionner et répondre aux besoins de leurs clients.
Selon
Madame Karahusi, elles n'hésitent pas à se rendre dans des zones inhabituelles,
parfois en payant des frais de transport qui dépassent même le prix d'achat des
produits à revendre.
Jeanne,
vendeuse de poisson frais, souligne quant à elle les méthodes de collaboration
entre commerçantes : « Nous investissons
de l'argent via le mobile money à des commerçants grossistes vivant dans
d’autres zones. Après réception de la somme, ils embarquent les marchandises à
notre destination. »
Les
pratiques d’épargne grâce aux Associations Villageoises d’Épargne et de Crédit
(AVEC) jouent également un rôle crucial. Selon certaines petites commerçantes,
ces associations les aident à renforcer la résilience de leurs activités, comme
l’a témoigné la présidente de l'association des femmes commerçantes.
Cette
crise sécuritaire dans l'Est du pays a entraîné une augmentation du taux de
chômage, amenant de nombreux hommes à se consacrer à des tâches ménagères et à la
garde des enfants, en soutien à leurs femmes qui prennent les devants dans
cette lutte quotidienne.
Cet
article a été rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI, financé par
Benevolencija et exécuté par le Consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.
La
Rédaction
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