Uvira : la crise économique, un facteur clé de la détérioration de la situation humanitaire à Sange
La cité de Sange, dans la province du Sud-Kivu, traverse une période particulièrement difficile marquée par une grave crise économique, conséquence directe de l’insécurité persistante dans la région.
Cette situation affecte profondément les
conditions de vie des populations locales, en particulier celles des femmes
commerçantes, piliers essentiels de l’économie familiale.
Les
activités socioéconomiques, notamment le petit commerce exercé par les femmes
de Sange, connaissent aujourd’hui une régression notable par rapport aux
agglomérations voisines. Autrefois dynamiques, ces activités sont désormais
fortement perturbées par la détérioration de la situation sécuritaire.
Selon
monsieur Bukuru Ngalishi, acteur de la société civile locale, de nombreuses
femmes commerçantes passent désormais une grande partie de leurs journées à
domicile, faute de conditions favorables pour exercer leurs activités.
Pourtant, souligne-t-il, « beaucoup
d’entre elles dépendent entièrement du petit commerce pour assurer la survie de
leurs ménages, surtout en cette période de guerre ».
Les
femmes commerçantes témoignent elles-mêmes de l’ampleur des difficultés
rencontrées.
« Depuis quelque temps, nos activités sont
fortement perturbées à cause de la dégradation de la situation sécuritaire. On
ne se déplace plus comme avant », explique Madame Chirhangane Noëlla,
commerçante à Sange.
Elle
ajoute que les femmes exerçant leurs activités le long de la Route Nationale
n°5 et au marché local sont particulièrement touchées :
« L’arrêt presque total du trafic routier
entre Uvira et Bukavu a provoqué l’absence des véhicules, autrefois nombreux,
entraînant une chute drastique de nos ventes. »
Des
sources locales signalent également une rareté de certaines marchandises sur le
marché local. Paradoxalement, certains produits, notamment les fruits,
s’accumulent faute d’acheteurs. Leur caractère périssable entraîne
d’importantes pertes financières pour les commerçantes.
Cette
baisse significative des revenus aggrave la précarité des ménages, impactant
directement l’alimentation, la santé et la scolarisation des enfants.
Au-delà
de l’impact économique, cette crise exerce une forte pression sociale et
psychologique sur les femmes, souvent principales responsables de leurs
familles. Le stress lié à l’incapacité de subvenir aux besoins essentiels
accentue leur vulnérabilité.
Face à
cette situation alarmante, les femmes commerçantes de Sange lancent un appel
aux autorités compétentes. Elles estiment que le retour de la paix et de la
sécurité constitue une condition indispensable à toute relance économique
durable.
Elles
réclament également l’ouverture effective de la Route Nationale n°5, axe vital
pour la reprise du trafic, la circulation des biens et la survie des activités
commerciales.
Pour ces
femmes, la paix et la réouverture de la RN5 représentent un espoir concret de
relance économique et de dignité retrouvée, non seulement pour elles-mêmes,
mais pour l’ensemble de la communauté de Sange et ses environs.
Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI financé par la Benevolencija et exécuté à Uvira par le Consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.
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