Uvira : la société civile plaide pour la relance du PFCIGL à Sange et Luvungi
Une réunion de réflexion axée sur les mécanismes de plaidoyer et de lobbying pour la reprise des activités du Programme de facilitation du commerce et intégration dans la région des Grands Lacs (PFCIGL) s’est tenue lundi 18 mai 2026 à Sange, chef-lieu du territoire d’Uvira, au Sud-Kivu.
Une réunion de réflexion axée sur les mécanismes de plaidoyer et de lobbying pour la reprise des activités du Programme de facilitation du commerce et intégration dans la région des Grands Lacs (PFCIGL) s’est tenue lundi 18 mai 2026 à Sange, chef-lieu du territoire d’Uvira, au Sud-Kivu.
Initiée par la synergie des
organisations de la société civile et des mouvements citoyens d’Uvira, cette
rencontre a réuni des petits commerçants transfrontaliers, des agri-preneurs,
des leaders communautaires, des jeunes ainsi que plusieurs acteurs locaux. Les
participants entendaient réagir aux informations faisant état d’une possible
délocalisation du projet et de la résiliation des contrats liés aux travaux
prévus dans les cités de Sange à Nyamoma et Luvungi à Rubenga.
Pour les habitants venus de
Kiliba, Sange et Luvungi présents à cette activité, les infrastructures
annoncées dans le cadre du PFCIGL représentaient un espoir majeur pour l’emploi
des jeunes, la relance des échanges commerciaux entre ces entités de la RDC et
celles du Burundi voisin et la stabilisation socio-économique d’une région
longtemps fragilisée par les conflits armés.
Dans un mémorandum lu par le
président de la synergie, Mapenzi Manyebwa, les organisateurs ont exprimé leur
inquiétude après l’annonce de la résiliation des contrats intervenue le 11 mai
2026, alors même que les rebelles du M23/AFC s’étaient retirés de plusieurs
zones concernées, laissant place aux FARDC et à la Police nationale congolaise.
Les signataires du document
regrettent également que, quatre mois après le retrait du M23 de la ville
d’Uvira, les travaux prévus dans la ville et le territoire n’aient toujours pas
débuté malgré l’amélioration progressive de la situation sécuritaire.
« Cette
situation crée une profonde déception au sein de la population qui croyait que
le retour de la paix allait également ouvrir la voie au développement
économique, à l'entrepreneuriat et soulager les jeunes et à la reconstruction
des infrastructures publiques », ont-ils indiqué.
Selon eux, les postes
frontaliers de Nyamoma à Sange et de Rubenga à Luvungi ne constituent pas
uniquement des infrastructures administratives, mais aussi des symboles du
retour de l’autorité de l’État, des instruments de consolidation de la paix et
des leviers économiques pour les populations locales.
La synergie des sociétés
civiles et mouvements citoyens d’Uvira appelle ainsi le président de la
République, Félix Tshisekedi, à s’impliquer personnellement afin de sauver et
relancer ce projet. Elle demande également au ministre du Commerce extérieur,
Paluku Kahongya, de revoir la décision de résiliation des contrats et
d’accompagner la reprise effective des travaux.
Tout en réclamant une mission
urgente d’évaluation sécuritaire sur le terrain, les participants exhortent par
ailleurs la Banque mondiale à maintenir son financement et à soutenir les
efforts de stabilisation dans la région, tout en invitant le gouvernement
provincial du Sud-Kivu et les élus d’Uvira à porter la voix de la population auprès
des autorités compétentes.
« La paix durable ne peut être consolidée sans développement socio-économique,
sans infrastructures et sans emplois pour les jeunes », ont insisté les
participants, estimant que l’abandon du projet risquerait d’aggraver davantage
la précarité des populations affectées depuis plusieurs années par
l’insécurité.
Pascal BAHUNDE – LPA Sud-Kivu
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