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lpa | 26 mars 2026 | 80 vues

Uvira : l’insalubrité persistante expose les populations à des risques sanitaires majeurs.

Dans la ville et le territoire d’Uvira, au Sud-Kivu, de nombreuses communautés vivent dans des conditions d’hygiène précaires, exposées à des maladies liées à l’insalubrité. Le manque d’eau potable, d’infrastructures d’assainissement et de sensibilisation continue d’aggraver la situation, avec des conséquences directes sur la santé des populations, notamment les plus vulnérables.

Selon le médecin chef de zone de santé d’Uvira, Panzu Nimi, le choléra reste l’une des principales menaces sanitaires dans la région. « Le choléra est essentiellement dû aux problèmes d’utilisation de l’eau et des aliments contaminés. Quand il n’y a pas d’eau, avec les difficultés que nous avons avec la REGIDESO, beaucoup de gens utilisent de l’eau contaminée par les microbes du choléra que nous appelons vibrio cholerae. Il y a aussi la consommation d’aliments contaminés. C’est un problème récurrent depuis plus de 20 ans », explique-t-il.

Il précise que la maladie, autrefois localisée dans certaines zones comme Kavimvira, Kalundu ou Kasenga, s’étend désormais à presque toutes les aires de santé, y compris au centre-ville. « C’est un problème multisectoriel. La riposte ne doit pas être laissée à la seule responsabilité du secteur de la santé. La REGIDESO, les services de l’environnement et d’autres acteurs doivent être impliqués », insiste-t-il.

Le manque d’eau et de latrines affecte particulièrement les femmes et les jeunes filles, exposées à des difficultés d’hygiène quotidienne et à des infections. Une habitante de Songo témoigne : « je m’appelle Mapendo, habitante de Songo. L’eau nous pose beaucoup de problèmes. Surtout pour nous les femmes : sans eau, l’hygiène devient difficile, ce qui entraîne des infections. Même les enfants ne peuvent pas être lavés correctement. »

Les personnes déplacées sont également fortement touchées. Nabintu, déplacée de Luvungi, explique qu’elle vit sans accès suffisant aux latrines, ce qui l’a déjà exposée à plusieurs infections.

Florence, également déplacée de Sange, confirme : l’absence de latrines et le mauvais état de celles disponibles exposent les populations à des maladies.

Face à cette situation, les autorités sanitaires insistent sur les mesures de prévention. « L’utilisation de l’eau potable, obtenue par ébullition, chloration ou filtration, est essentielle. Les aliments doivent être bien préparés, et les ménages doivent construire des toilettes hygiéniques bien entretenues », recommande Panzu Nimi.

Il souligne également l’importance du Salongo (travaux communautaires), qui devrait être une pratique quotidienne et non ponctuelle. Sur le terrain, certaines initiatives émergent pour améliorer l’assainissement.

Le coordonnateur de la brigade d’assainissement, Robert Mayani, sollicité sur ces questions, met en avant les actions communautaires déjà engagées. « Nous avons mis en place plusieurs piliers, notamment les travaux communautaires. Chaque samedi, la population participe à l’assainissement des milieux publics, avec l’appui des brigadiers pour évacuer les déchets sur le Lac Tanganyika et les rivières», explique-t-il.

Cependant, il appelle à un engagement plus large : « Nous demandons l’implication non seulement de la population, mais aussi du gouvernement et des partenaires, afin de pérenniser les actions d’assainissement dans la ville d’Uvira. »

Alors que les cas de choléra continuent d’être signalés dans plusieurs zones, la situation de l’assainissement à Uvira met en lumière une crise sanitaire persistante. Entre manque d’infrastructures, insuffisance d’eau potable et faible sensibilisation, les populations restent exposées.

Les acteurs locaux s’accordent sur un point : seule une réponse coordonnée, impliquant les autorités, les services techniques, les partenaires et les communautés, permettra de réduire durablement les risques sanitaires et d’améliorer les conditions de vie des habitants.

Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI financé par la Benevolencija et exécuté par le Consortium UNPC, COMEL et UFMP.

 

La Rédaction




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