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lpa | 20 juin 2026 | 650 vues

Idjwi : à part le chao sur l'environnement, le sable provoque aussi les morts d'hommes

L'exploitation abusive du sable dans le territoire d'Idjwi au Sud-Kivu ravive encore les émotions de la population après la mort d'un transporteur en plein exercice de son travail le mardi 16 juin 2026 vers Karhulo, groupement Mpene en chefferie Ntambuka.

 Le sable,est jusqu'à présent considéré comme la première ressource naturelle du territoire d'Idjwi en plein cœur du lac Kivu, mais qui est exploité au quotidien sans contrôle, étude sur l'impact environnemental ni contrepartie en faveur de la population locale en dépit des dégâts incalculables enregistrés et dénoncés depuis des longues années.

Une ressource épuisable qui pose problème

Ce sable, qui est important pour la population d'Idjwi, est exploité par différentes personnes pour être acheminé dans les villes voisines avec une main d'œuvre essentiellement locale qui est aussi exposée à des risques énormes.

Depuis longtemps, des voix concordantes haussent le ton sur les répercussions de l'exploitation abusive du sable sur l'environnement d'Idjwi et aujourd'hui des morts sont déplorées.

Un tableau sombre est dressé par plusieurs acteurs de la société civile. Du côté de l'environnement, par exemple, des champs sont dévastés par les érosions et glissements des terrains, les ponts écroulés, les routes défoncées et les responsables ne sont inquiètent malgré les alertes et dénonciations faites.

Aujourd'hui, les morts d'hommes s'en suivent

La synergie des associations des dockers chargeurs et déchargeurs des engins flottants sur le lac Kivu, affirme que trois (03) dockers ont perdu la vie entre mai et juin 2026.

Charles Muhara, coordonnateur de cette structure, cite notamment la consommation pendant les heures de service des boissons fortement alcoolisées comme cause principale de ces décès.

Il note que des vendeurs de ces substances alcooliques s'improvisent dans chaque coin où il y a exploitation du sable et les dockers en prennent à longueur des journées alors qu'ils doivent charger des sacs de sable jusqu'au soir dans des barges. Il invite les autorités en charge de la sécurité à prendre les décisions qui s'imposent pour interdire la vente et la consommation de ces produits dans les zones d'exploitation du sable.

« Cette situation remet en lumière l'environnement dans lequel le travail de centaines de jeunes qui sont recrutés à Idjwi pour exercer dans l'exploitation du sable est rempli de risques. Alors que notre biodiversité et nos infrastructures communautaires sont détruites, nous perdons aussi nos frères dans des barges de ceux qui ont plus de moyens sans aucune enquête indépendante. Des travailleurs sont sans aucune mesure de protection, sans contrat ni salaire fixe, ils meurent aussi sans enquête ni indemnités aux familles des victimes », regrette un défenseur des droits humains.

La société civile d'Idjwi insiste sur le respect des normes établies par les lois du pays autour de l'environnement et le code minier en vigueur afin de sauver le l'île de l'exploitation abusive du sable et d'identifier tous les responsables de la destruction et d'hommes pour qu'ils répondent de leurs actes.

 

Richelieu Byamana – LPA Sud-Kivu



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