L'eau potable, cette denrée vitale qui manque à des milliers d'habitats d'Idjwi
Un problème d'accès à l'eau potable est récurrent dans plusieurs coins de la chefferie Rubenga tout comme du côté de la chefferie Ntambuka, territoire d'Idjwi à l'Est de la République démocratique du Congo.
Des
milliers de familles peinent à se ravitailler en eau potable et d'autres
consomment une eau souillée dans les
coins plus lointains, une situation qui les expose aux maladies d'origine
hydrique, avec des pathologies fréquentes dans des structures sanitaires de la
zone de santé d'Idjwi.
Dans
le village Bugarula, la plateforme des organisations des jeunes d'Idjwi, POJ en
sigle, indique que trois écoles, une église et des dizaines de familles sont
dépourvues d'eau potable depuis plus de trois ans maintenant.
À
l'école primaire Bumpeta, les enfants consomment de l'eau stockée dans des
tanks avec tous les risques possibles.
« La situation que traverse
actuellement la population autour de la paroisse catholique de Bumpeta est
profondément préoccupante.
Depuis environ trois ans, l’eau ne coule
plus à la paroisse de Bumpeta. Or, il s’agit d’un lieu public qui accueille
quotidiennement un grand nombre de fidèles. De plus, cette paroisse est
entourée de trois écoles, fréquentées par de nombreux enfants, et elle a été
choisie pour accueillir la journée diocésaine de la Jeunesse (JDJ) prévue en
juillet prochain. Face à ce manque d’eau potable, les enfants, lorsqu’ils en
sont privés, arrivent malheureusement à consommer l’eau de pluie stockée dans
un réservoir (tank), une eau initialement destinée uniquement au nettoyage de
l’église et des toilettes ». Explique Chance Lwagera,
coordonnateur de cette structure.
Du
côté des villages Kashiraboba et Bulega, des populations vivent aujourd’hui à
couteau tiré car un village accuse l'autre de sabotage de la tuyauterie et de s'accaparer la petite quantité qui arrive en provenance du centre de
captage.
Depuis
des décennies, le village Bulega est confronté à un manque criant d'eau potable
où les habitants parcourent des kilomètres afin de s'approvisionner en eau
potable. Un projet d'adduction d'eau était alors mis œuvre vers les années 2021
et 2022 pour desservir les villages Kashiraboba, Bulega et Ngula, mais
malheureusement ce projet réalisé par le fonds social de la RDC n'avait pas
réussi à soulager les souffrances de ces milliers d'habitants du groupement
Bugarula.
Le
groupement Nyakalengwa dans la chefferie Ntambuka n'est pas épargné non plus par cette
carence. Les villages Mazina, Karama, Mulamba et Kilala et une partie du
village Muhungwe sont affectés par le même problématique.
Des
sources contactées récemment dans la zone affirment que l'adduction construite
depuis 2003 n'arrive plus à faciliter l'accès à l'eau aux populations qui ont
largement galopé. Le responsable de ce réseau d'eau avait aussi cité les
difficultés techniques récurrentes et la non-réhabilitation de l'addiction comme
autre frein majeur.
Dans
le groupement Mugote, toujours chez Ntambuka, la source d'eau de Kagezi, représente
aussi un danger pour les populations du village Mugote et ses environs.
Olivier
Mukwasa, un habitant de Mugote, confirme que des enfants, des femmes enceintes
et d’autres habitants sont confrontés aux maladies à cause de la consommation
de l’eau souillée de la source de Kagezi, qui, depuis plus de 4 ans, est dans
un état déplorable. Malgré les alertes lancées, aucun bienfaiteur ni organisme
de développement n'est intervenu en faveur de ces femmes et enfants qui payent
le plus grand prix.
Que faire pour une solution durable ?
Parmi
les dix-sept objectifs de développement durable des Nations unies, l'eau
potable et l'assainissement sont cités comme sixième ODD à l'horizon 2030.
Ici,
les Nations Unies parlent de: garantir l'accès de tous à l'eau et à
l'assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau.
Les
organisations humanitaires et celles de développement sont appelées à
s'impliquer pour trouver des solutions et sauver les vies humaines en danger.
La source d'eau de Kibanga reste jusqu'à présent une grande réserve d'eau capable de desservir plus de 8 villages du groupement Bugarula, selon les affirmations des autorités locales.
Richelieu
BYAMANA – LPA Sud-Kivu
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