Lubero : les enseignants du SYNECAT dénoncent le retard dans le paiement de leurs salaires
La reprise des cours ce lundi 13 avril, après deux semaines de vacances de Pâques, s’est effectuée dans un climat de frustration chez les enseignants du territoire de Lubero. Réunis au sein du Syndicat national des enseignants des écoles conventionnées catholiques (SYNECAT), ces derniers dénoncent le retard persistant dans le paiement de leurs salaires.
Dans plusieurs coins du territoire de Lubero, les rues ont
été inondées du blanc-bleu. Des enseignants en cravate, costume bien cousu,
chaussures bien cirées, c'est ce qu'on pouvait constater chez de nombreux enseignants de Lubero le matin de ce lundi.
Eh bien, toutefois, derrière cette apparente normalité, un profond
malaise persiste. Les professionnels de la craie se disent préoccupés et déçus
par ce qu’ils qualifient de négligence de la part du gouvernement congolais.
Contacté à ce sujet, Kikamba Joseph, président du SYNECAT
en territoire de Lubero, n’a pas caché son indignation : « Le sort qui nous est réservé est choquant. Aujourd’hui, il faut
attendre jusqu’à la fin de la première quinzaine du mois ou le début de la
deuxième pour espérer percevoir un salaire déjà dérisoire », a-t-il
déclaré.
Selon lui, cette situation risque d’affecter négativement
la qualité de l’enseignement. C'est pourquoi, face à cette situation, le
SYNECAT annonce la tenue imminente d’une assemblée, prévue entre ce mardi 14 et
mercredi 15 avril, afin de définir une ligne de conduite. Parmi les options
envisagées figure le déclenchement d’un mouvement de grève sèche.
En attendant, les cours se poursuivent, bien que marqués
par quelques absences d’enseignants et d’élèves.
Outre le retard de paiement, le syndicat dénonce également
le taux de change appliqué lors de la rémunération. Selon Kikamba Joseph,
alors que le taux du dollar américain oscille actuellement de 1300 à 1500
francs congolais sur le marché, les enseignants sont parfois payés sur base
d’un taux allant jusqu’à 1800 voire 2000 francs congolais pour un dollar. Une
situation qu’il qualifie de « moquerie grave ».
Très remonté, le responsable syndical déplore également le
manque de considération envers les enseignants.
« Nous jouons un rôle essentiel dans le
développement du pays. Ce sont les enseignants qui forment les cadres de
demain. Pourtant, nous sommes oubliés, alors que d’autres secteurs bénéficient
de privilèges conséquents. C’est vraiment pitoyable », a-t-il martelé.
Sur le terrain, le malaise est également perceptible. Un
enseignant d’une école secondaire de la place, ayant requis l’anonymat, confie
vivre une situation particulièrement difficile.
« Nous traversons une
période très compliquée. Par peur de perdre nos emplois, certains d’entre nous
continuent de venir à l’école sans réellement enseigner. Personnellement, je
viens en classe, mais je me limite à échanger avec les élèves sans dispenser
les cours », a-t-il témoigné.
Depuis plusieurs années, le système éducatif congolais est
confronté à de nombreuses difficultés, notamment liées à la précarité des
conditions de vie des enseignants. Ces derniers revendiquent notamment un
salaire mensuel d’au moins 500 dollars américains ainsi que la suppression des
zones salariales, qu’ils jugent injustes.
Irave Wavomundu – LPA Lubero
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