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lpa | 13 avril 2026 | 276 vues

Lubero : les enseignants du SYNECAT dénoncent le retard dans le paiement de leurs salaires

La reprise des cours ce lundi 13 avril, après deux semaines de vacances de Pâques, s’est effectuée dans un climat de frustration chez les enseignants du territoire de Lubero. Réunis au sein du Syndicat national des enseignants des écoles conventionnées catholiques (SYNECAT), ces derniers dénoncent le retard persistant dans le paiement de leurs salaires.

Dans plusieurs coins du territoire de Lubero, les rues ont été inondées du blanc-bleu. Des enseignants en cravate, costume bien cousu, chaussures bien cirées, c'est ce qu'on pouvait constater chez de nombreux enseignants de Lubero le matin de ce lundi.  Eh bien, toutefois, derrière cette apparente normalité, un profond malaise persiste. Les professionnels de la craie se disent préoccupés et déçus par ce qu’ils qualifient de négligence de la part du gouvernement congolais.

Contacté à ce sujet, Kikamba Joseph, président du SYNECAT en territoire de Lubero, n’a pas caché son indignation : « Le sort qui nous est réservé est choquant. Aujourd’hui, il faut attendre jusqu’à la fin de la première quinzaine du mois ou le début de la deuxième pour espérer percevoir un salaire déjà dérisoire », a-t-il déclaré.

Selon lui, cette situation risque d’affecter négativement la qualité de l’enseignement. C'est pourquoi, face à cette situation, le SYNECAT annonce la tenue imminente d’une assemblée, prévue entre ce mardi 14 et mercredi 15 avril, afin de définir une ligne de conduite. Parmi les options envisagées figure le déclenchement d’un mouvement de grève sèche.

En attendant, les cours se poursuivent, bien que marqués par quelques absences d’enseignants et d’élèves.

Outre le retard de paiement, le syndicat dénonce également le taux de change appliqué lors de la rémunération. Selon Kikamba Joseph, alors que le taux du dollar américain oscille actuellement de 1300 à 1500 francs congolais sur le marché, les enseignants sont parfois payés sur base d’un taux allant jusqu’à 1800 voire 2000 francs congolais pour un dollar. Une situation qu’il qualifie de « moquerie grave ».

Très remonté, le responsable syndical déplore également le manque de considération envers les enseignants.

 « Nous jouons un rôle essentiel dans le développement du pays. Ce sont les enseignants qui forment les cadres de demain. Pourtant, nous sommes oubliés, alors que d’autres secteurs bénéficient de privilèges conséquents. C’est vraiment pitoyable », a-t-il martelé.

Sur le terrain, le malaise est également perceptible. Un enseignant d’une école secondaire de la place, ayant requis l’anonymat, confie vivre une situation particulièrement difficile.

« Nous traversons une période très compliquée. Par peur de perdre nos emplois, certains d’entre nous continuent de venir à l’école sans réellement enseigner. Personnellement, je viens en classe, mais je me limite à échanger avec les élèves sans dispenser les cours », a-t-il témoigné.

Depuis plusieurs années, le système éducatif congolais est confronté à de nombreuses difficultés, notamment liées à la précarité des conditions de vie des enseignants. Ces derniers revendiquent notamment un salaire mensuel d’au moins 500 dollars américains ainsi que la suppression des zones salariales, qu’ils jugent injustes.

 

Irave Wavomundu – LPA Lubero



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