RDC : résiliation des contrats du PFCIGL à Uvira, un député national dénonce et saisit le ministre du Commerce extérieur
Le député national Claude Misare Mugomberwa dénonce dans une correspondance adressée au ministre congolais du Commerce extérieur la résiliation présumée des contrats liés au Projet de Facilitation du Commerce et Intégration dans la région des Grands Lacs (PFCIGL) dans le territoire d’Uvira, au Sud-Kivu.
Dans cette lettre datée du 15 mai 2026 exploitée par la rédaction de La Presse
africaine, l’élu d’Uvira affirme avoir appris que certains financements
soutenus par la Banque mondiale seraient en voie d’être délocalisés vers une
autre province, après la suspension des travaux provoquée par l’occupation de
plusieurs localités d’Uvira par les rebelles de l’AFC/M23 appuyés par l’armée
rwandaise.
Pour Claude Misare, les raisons sécuritaires avancées pour justifier cette
décision ne seraient plus d’actualité depuis la reprise de plusieurs zones de
la plaine de la Ruzizi par les Forces armées de la RDC (FARDC), notamment de Kabunambo
jusqu’à Luvungi depuis le 9 mai.
« Les informations surprenantes
à ma possession renseignent que la Banque mondiale aurait résilié le contrat
sous l’appui d’un service technique attaché à votre ministère et orienté les
projets vers une autre province alors que l’entreprise prestataire avait déjà
fait la commande des matériels. Cet acte d’injustice et de provocation serait
motivé par l’insécurité dans la plaine de la Ruzizi alors que cette région est
déjà libérée », a écrit le député Claude Misare dans sa lettre adressée
à Julien Paluku.
Selon lui, « la délocalisation
des financements risque non seulement d’aggraver la frustration sociale, mais également
de fragiliser davantage les efforts de stabilisation, de consolidation de la
paix et de reconstruction engagés dans cette partie du pays. »
Les projets touchés par cette mesure incluent notamment les postes
frontaliers de Sange/Nyamoma et Rubenga/Luvungi. Pendant ce temps, un flou
continue d’être entretenu s’agissant des autres projets, dont celui du port de
Kalundu, de la modernisation du poste frontalier de Kavimvira et du marché
moderne de Kagando.
Claude Misare Mugomberwa estime qu’une éventuelle résiliation définitive
des contrats constituerait « une profonde injustice sociale, économique et
politique » envers une région déjà fragilisée par des années de conflits armés
et d’instabilité, alors que, lors du lancement officiel des travaux à Sange, le
4 décembre 2025, plus de 1 800 emplois temporaires avaient été annoncés au bénéfice
des jeunes et des femmes de la région.
Dans ses recommandations, il demande notamment le maintien intégral des
financements du PFCIGL au Sud-Kivu, l’annulation des décisions de résiliation
des contrats et la reprise rapide des travaux. Il plaide aussi pour
l’organisation d’une mission conjointe du gouvernement congolais, de la Banque
mondiale et des responsables du projet afin d’évaluer la situation sur le
terrain à Uvira.
Signalons qu'une marche pacifique a été annoncée pour le mardi 19 mai par
la Nouvelle société civile congolaise du Sud-Kivu afin de manifester
l'indignation de la population face à cette délocalisation de ces projets.
Une action citoyenne que le député national Claude Misare dit soutenir afin
d'accompagner la population dans ses démarches.
Pascal BAHUNDE – LPA Sud-Kivu
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