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lpa | 01 avril 2026 | 291 vues

Sud-Kivu : Claude Misare et Théophile Basoshi recueillent les données d’études sur la RN5/Lwanga pour une restauration urgente

Les députés nationaux Claude Misare (élu d’Uvira) et Théophile Basoshi (élu de Fizi) ont effectué, ce mardi 31 mars 2026, une descente dans les escarpements de Lwanga, situés sur la RN5, à la limite entre Uvira et Fizi, province du Sud-Kivu.

La mission, menée dans le cadre d’un nouveau plaidoyer auprès du ministre des Infrastructures et Travaux publics, vise à obtenir une restauration urgente de la circulation sur ce tronçon réputé « à problème ».

Long de plus de 16 kilomètres, le passage de Lwanga serait entièrement recouvert par les eaux du lac Tanganyika depuis plus de six ans, selon les informations recueillies sur place. Des dégâts humains et matériels sont déjà enregistrés sur ce tronçon jugé stratégique pour les échanges et la desserte des provinces du Sud-Kivu, à l’est de la RDC.

Une route impraticable, des usagers contraints de traverser en pirogues

Sur le terrain, les images recueillies montrent une chaussée déjà submergée sous une hauteur d’eau atteignant, localement, le niveau de la colline. Les usagers, face à l’inaccessibilité de la voie, utilisent des pirogues motorisées pour atteindre le côté du territoire de Fizi et vice-versa.

À certains endroits, des véhicules abandonnés témoignent des difficultés rencontrées par les conducteurs ayant tenté de franchir une route devenue impraticable, au risque d’endommager leurs engins.

« Notre rôle, après avoir fait ce constat comme députés, c’est d’aller rencontrer une fois de plus le ministre des ITPR pour qu’il y ait une intervention rapide. Il faut que le gouvernement débloque les moyens et que les travaux commencent ici. Sinon, nous allons continuer à enregistrer des morts et à perdre des engins et, pourquoi pas, des marchandises », a déclaré Claude Misare.

L’urgence liée à la crise sécuritaire et à la connectivité

De son côté, Théophile Basoshi estime que la réhabilitation de la RN5 à Lwanga répond à une urgence capitale, dans un contexte marqué par une crise sécuritaire à l’est du pays, particulièrement au Sud-Kivu.

« La route, si elle était praticable, peut aussi donner beaucoup de résultats et aider les efforts de l’armée. Vous savez également que, parmi les six piliers du chef de l’État, il y a la question de la connectivité interterritoriale », a-t-il souligné.

Étude technique : rechargement de 6 m et protection du talus

Intervenant au cours de la mission, Alexis Nirakira, ingénieur responsable du bureau d’études de l’entreprise EIS-EKA, dans le cadre du projet de modernisation de la RN5 (du rond-point Kavimvira jusqu’à Kalundu), a expliqué que l’étude du tronçon de Lwanga a été sollicitée depuis environ deux ans.

Selon lui, l’analyse technique concerne une section allant de Kigongo jusqu’à Munene, avec un total de 16,2 km, dont une partie critique de 9,5 km environ, correspondant à des zones submergées.

La solution retenue, d’après la même source, consiste à restaurer la route telle qu’elle existait avant, notamment par : un rechargement de la chaussée sur une largeur de 6 mètres ; une hauteur moyenne d’environ 2 mètres afin de placer la route au-dessus de l’attaque des eaux ; la protection du talus en bordure du lac par des roches, pour empêcher l’érosion et l’arrachement de la route par les vagues et écoulements.

L’ingénieur précise que, dans l’option étudiée, il n’est pas question de tunnels ni de contournement par montée sur la colline, estimés trop coûteux, avec un financement qualifié de « quasi impossible » sans réétude spécifique.

Données de niveau d’eau et option de restauration sur le lac

La justification technique s’appuie également sur des données historiques, indiquant que le niveau d’eau observé correspond à une référence déjà connue lors des dernières années. « Si la profondeur du lac n’est pas très grande au niveau de la route, on pourra essayer de restaurer sur le lac, tout en insistant sur la protection avec ces roches », a encore expliqué Alexis Nirakira.

Appel au gouvernement pour accélérer les travaux

Au terme de la visite, les élus, accompagnés des acteurs de la société civile, ont réaffirmé leur volonté d’user de leur mandat pour accélérer la décision et le financement des travaux. Ils alertent sur les conséquences quotidiennes de l’inaccessibilité de cette section, notamment en termes de sécurité, de transport, et de pertes économiques pour les populations et opérateurs dans la zone.

 

Pascal BAHUNDE – LPA Sud-Kivu



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