Sud-Kivu : Claude Misare et Théophile Basoshi recueillent les données d’études sur la RN5/Lwanga pour une restauration urgente
Les députés nationaux Claude Misare (élu d’Uvira) et Théophile Basoshi (élu de Fizi) ont effectué, ce mardi 31 mars 2026, une descente dans les escarpements de Lwanga, situés sur la RN5, à la limite entre Uvira et Fizi, province du Sud-Kivu.
La mission, menée dans le cadre d’un nouveau plaidoyer auprès du ministre des Infrastructures et Travaux publics, vise à obtenir une restauration urgente de la circulation sur ce tronçon réputé « à problème ».
Long
de plus de 16 kilomètres, le
passage de Lwanga serait entièrement
recouvert par les eaux du lac Tanganyika depuis plus de six ans, selon
les informations recueillies sur place. Des dégâts humains et matériels
sont déjà enregistrés sur ce tronçon jugé stratégique pour les échanges et la
desserte des provinces du Sud-Kivu,
à l’est de la RDC.
Une route impraticable, des usagers
contraints de traverser en pirogues
Sur
le terrain, les images recueillies montrent une chaussée déjà submergée sous une hauteur d’eau
atteignant, localement, le niveau de la colline. Les usagers, face à
l’inaccessibilité de la voie, utilisent des pirogues motorisées pour atteindre le côté du territoire de Fizi et vice-versa.
À
certains endroits, des véhicules
abandonnés témoignent des difficultés rencontrées par les conducteurs
ayant tenté de franchir une route devenue impraticable, au risque d’endommager
leurs engins.
«
Notre
rôle, après avoir fait ce constat comme députés, c’est d’aller
rencontrer une fois de plus le ministre des ITPR pour qu’il y ait une intervention rapide. Il faut que le
gouvernement débloque les moyens
et que les travaux commencent ici. Sinon, nous allons continuer à enregistrer des morts et à perdre des engins et, pourquoi pas,
des marchandises », a
déclaré Claude Misare.
L’urgence liée à la crise
sécuritaire et à la connectivité
De
son côté, Théophile Basoshi
estime que la réhabilitation de la RN5 à Lwanga répond à une urgence capitale, dans un contexte
marqué par une crise sécuritaire
à l’est du pays, particulièrement au Sud-Kivu.
«
La route, si elle était praticable, peut
aussi donner beaucoup de résultats et aider
les efforts de l’armée. Vous savez également que, parmi les six piliers
du chef de l’État, il y a la question de la connectivité interterritoriale », a-t-il souligné.
Étude technique : rechargement de 6
m et protection du talus
Intervenant
au cours de la mission, Alexis Nirakira,
ingénieur responsable du bureau
d’études de l’entreprise EIS-EKA, dans le cadre du projet de
modernisation de la RN5 (du rond-point
Kavimvira jusqu’à Kalundu), a expliqué que l’étude du tronçon de Lwanga
a été sollicitée depuis environ deux
ans.
Selon
lui, l’analyse technique concerne une section allant de Kigongo jusqu’à Munene, avec un total de 16,2 km, dont une partie critique
de 9,5 km environ, correspondant à des zones submergées.
La
solution retenue, d’après la même source, consiste à restaurer la route telle qu’elle existait avant, notamment par : un
rechargement de la chaussée sur
une largeur de 6 mètres ; une hauteur moyenne d’environ 2 mètres
afin de placer la route au-dessus de l’attaque des eaux ; la protection du talus en bordure du lac
par des roches, pour empêcher
l’érosion et l’arrachement de la route par les vagues et écoulements.
L’ingénieur
précise que, dans l’option étudiée, il n’est pas question de tunnels ni de contournement par montée sur la colline, estimés trop coûteux,
avec un financement qualifié de « quasi impossible » sans réétude spécifique.
Données de niveau d’eau et option de
restauration sur le lac
La
justification technique s’appuie également sur des données historiques, indiquant que le niveau d’eau observé
correspond à une référence déjà connue lors des dernières années. « Si la profondeur du lac n’est pas très
grande au niveau de la route, on pourra essayer de restaurer sur le lac, tout
en insistant sur la protection avec ces roches », a encore expliqué Alexis Nirakira.
Appel au gouvernement pour accélérer
les travaux
Au
terme de la visite, les élus, accompagnés des acteurs de la société civile, ont
réaffirmé leur volonté d’user de leur mandat pour accélérer la décision et le
financement des travaux. Ils alertent sur les conséquences quotidiennes de
l’inaccessibilité de cette section, notamment en termes de sécurité, de transport, et de pertes
économiques pour les populations et opérateurs dans la zone.
Pascal BAHUNDE – LPA Sud-Kivu
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