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lpa | 29 juin 2026 | 216 vues

Sud-Kivu: la société civile alerte sur la dégradation accélérée du Parc national de Kahuzi-Biega

Le Parc national de Kahuzi-Biega (PNKB), l’un des principaux réservoirs de biodiversité de la République démocratique du Congo, fait face à une dégradation jugée préoccupante dans sa partie de haute altitude. Réunies à Miti, dans le territoire de Kabare, les organisations de la société civile de Kabare et Kalehe ont lancé, en dialogue avec le PNKB et Wildlife Conservation Society (WCS), un appel à une mobilisation communautaire urgente pour freiner la destruction de cette aire protégée.

La rencontre s’est tenue le 26 juin 2026 dans la grande salle des Sœurs de la Résurrection. Elle a réuni des acteurs locaux autour d’un même constat : dans un contexte marqué par l’insécurité persistante à l’Est de la RDC, la pression sur le parc s’intensifie. Braconnage, coupe illégale du bois, carbonisation et exploitation minière illicite figurent parmi les principales menaces signalées.

Selon les données présentées par le service de monitoring du PNKB, plus de 2 836 hectares de forêt auraient été détruits en 2025, soit une perte estimée entre 8 et 10 hectares par jour. Ces chiffres, qualifiés d’alarmants par les participants, traduisent l’ampleur d’une crise écologique qui touche directement les populations riveraines de Kabare, Kalehe et, plus largement, du Sud-Kivu.

Pour les responsables du parc, la dégradation du PNKB ne constitue pas seulement une menace pour la faune et la flore. Elle expose aussi les communautés locales à des conséquences durables : perturbation des pluies, raréfaction de l’eau, baisse de la productivité agricole, progression de certaines maladies et aggravation de la vulnérabilité climatique.

« Le PNKB vous appartient. Si nous le laissons mourir, nous signons notre propre arrêt de
mort. Sa disparition, c’est le changement climatique, la montée des maladies, le dérèglement des pluies et la faim. C’est un danger pour l’humanité entière », a déclaré le Dr Arthur, directeur du PNKB, devant les participants.

Selon lui, la protection du parc ne peut pas reposer uniquement sur les écogardes. Elle exige une implication directe des communautés riveraines, appelées à devenir les premières sentinelles de ce patrimoine naturel. Protéger le PNKB, a-t-il insisté, revient à préserver l’eau, les champs, les pluies et l’avenir des enfants.

À l’issue de l’atelier, les organisations de la société civile présentes ont pris l’engagement de renforcer la sensibilisation de proximité dans les villages voisins du parc. Elles entendent expliquer aux habitants le lien entre la forêt, les ressources en eau, l’agriculture et les conditions de vie des ménages.

Les OSC prévoient également de mettre en place des réseaux d’alerte communautaire afin de signaler les cas de coupe illégale, de braconnage ou d’autres activités destructrices. Un accent particulier sera mis sur la vulgarisation des lois relatives à la conservation de l’environnement, notamment les lois nᵒ 14 et nᵒ 24, ainsi que sur les sanctions prévues contre les auteurs d’atteintes au parc.

Pour les participants, l’enjeu est désormais de faire passer les populations riveraines d’une logique de survie immédiate fondée sur l’exploitation du parc à une dynamique de protection collective. Ils estiment que Kabare et Kalehe disposent encore des ressources humaines et communautaires nécessaires pour contribuer à la restauration du PNKB, à condition que les pratiques destructrices soient abandonnées.

Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, le parc national de Kahuzi-Biega demeure un site stratégique pour la conservation de la biodiversité en Afrique centrale. Sa protection apparaît aujourd’hui comme une urgence à la fois environnementale, sociale et sécuritaire pour le Sud-Kivu.


Hobereau Kitumaini – LPA Sud-Kivu



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