Sud-Kivu: la société civile alerte sur la dégradation accélérée du Parc national de Kahuzi-Biega
La
rencontre s’est tenue le 26 juin 2026 dans la grande salle des Sœurs de la
Résurrection. Elle a réuni des acteurs locaux autour d’un même constat : dans
un contexte marqué par l’insécurité persistante à l’Est de la RDC, la pression
sur le parc s’intensifie. Braconnage, coupe illégale du bois, carbonisation et
exploitation minière illicite figurent parmi les principales menaces signalées.
Selon
les données présentées par le service de monitoring du PNKB, plus de 2 836
hectares de forêt auraient été détruits en 2025, soit une perte estimée entre 8
et 10 hectares par jour. Ces chiffres, qualifiés d’alarmants par les
participants, traduisent l’ampleur d’une crise écologique qui touche
directement les populations riveraines de Kabare, Kalehe et, plus largement, du
Sud-Kivu.
Pour
les responsables du parc, la dégradation du PNKB ne constitue pas seulement une
menace pour la faune et la flore. Elle expose aussi les communautés locales à
des conséquences durables : perturbation des pluies, raréfaction de l’eau,
baisse de la productivité agricole, progression de certaines maladies et
aggravation de la vulnérabilité climatique.
Selon
lui, la protection du parc ne peut pas reposer uniquement sur les écogardes.
Elle exige une implication directe des communautés riveraines, appelées à
devenir les premières sentinelles de ce patrimoine naturel. Protéger le PNKB,
a-t-il insisté, revient à préserver l’eau, les champs, les pluies et l’avenir
des enfants.
À
l’issue de l’atelier, les organisations de la société civile présentes ont pris
l’engagement de renforcer la sensibilisation de proximité dans les villages
voisins du parc. Elles entendent expliquer aux habitants le lien entre la
forêt, les ressources en eau, l’agriculture et les conditions de vie des
ménages.
Les
OSC prévoient également de mettre en place des réseaux d’alerte communautaire
afin de signaler les cas de coupe illégale, de braconnage ou d’autres activités
destructrices. Un accent particulier sera mis sur la vulgarisation des lois
relatives à la conservation de l’environnement, notamment les lois nᵒ 14 et nᵒ 24, ainsi que sur les sanctions prévues contre les auteurs d’atteintes au
parc.
Pour
les participants, l’enjeu est désormais de faire passer les populations
riveraines d’une logique de survie immédiate fondée sur l’exploitation du parc
à une dynamique de protection collective. Ils estiment que Kabare et Kalehe
disposent encore des ressources humaines et communautaires nécessaires pour
contribuer à la restauration du PNKB, à condition que les pratiques
destructrices soient abandonnées.
Classé
au patrimoine mondial de l’UNESCO, le parc national de Kahuzi-Biega demeure un
site stratégique pour la conservation de la biodiversité en Afrique centrale.
Sa protection apparaît aujourd’hui comme une urgence à la fois
environnementale, sociale et sécuritaire pour le Sud-Kivu.
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