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lpa | 07 avril 2026 | 31 vues

Uvira : la désinformation aggrave les souffrances des victimes de crises humanitaires

À Uvira, la désinformation s’impose comme un facteur aggravant des crises humanitaires déjà complexes. Entre rumeurs persistantes, fausses annonces d’assistance et manipulation de l’information, les populations vulnérables font face à une double peine : survivre aux crises et naviguer dans un environnement informationnel trompeur.

Selon plusieurs témoignages recueillis auprès des victimes, la circulation de fausses informations perturbe considérablement l’accès aux aides humanitaires. Les annonces erronées concernant des distributions en espèces ou en nature créent confusion et espoirs déçus.

Pour monsieur Jean Nyange, jeune entrepreneur et habitant d’Uvira, les réseaux sociaux constituent le principal canal de propagation de ces fausses informations.

« Les médias sociaux sont devenus le vecteur par excellence de la désinformation à Uvira. Cela conduit certains bénéficiaires à abandonner  toute aide qui leur  est destinée pour alléger leurs souffrances », explique-t-il.

Il souligne également les pertes engendrées par ces pratiques, notamment les ressources mobilisées pour l’achat et l’acheminement de l’aide humanitaire. « Certaines désinformations sont liées à des motivations politiques ou à des personnes de mauvaise foi qui empêchent les bénéficiaires de profiter de l’assistance », poursuit-il.

Parmi les rumeurs les plus répandues figurent celles accusant certaines aides d’être avariées ou empoisonnées. « La population, par ignorance, finit par rejeter ces aides pourtant essentielles », regrette-t-il.

Au-delà de ses impacts humanitaires, la désinformation constitue une menace pour la cohésion sociale et la paix durable. Elle alimente la méfiance entre communautés, fragilise les relations entre populations et organisations humanitaires, et accentue les tensions locales.

Face à ce fléau, plusieurs stratégies sont proposées pour limiter ses effets. Me Ghislain Barhahiga Kabamba plaide pour une application rigoureuse de la législation numérique, combinée à des campagnes de sensibilisation.

« Le respect de la loi sur le numérique, accompagné d’une éducation aux médias, peut contribuer à réduire significativement la propagation des fausses informations », estime-t-il.

Par ailleurs, lors de la Journée du fact-checking organisée par le magazine la Cloche, les participants issus de différentes couches sociales ont souligné l’importance de la vérification des sources d’information. Selon eux, promouvoir une culture du fact-checking permettrait de limiter les conséquences néfastes de la désinformation.

La lutte contre la désinformation à Uvira nécessite l’implication de tous : autorités, médias, organisations humanitaires et citoyens. Restaurer la confiance dans l’information devient un enjeu crucial pour garantir l’efficacité des interventions humanitaires et préserver la cohésion sociale.

Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI, financé par La Benevolencija et exécuté par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.


La Rédaction



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