Uvira : la population inquiète face à la flambée des prix des denrées alimentaires
La population de la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo, fait face à une hausse généralisée des prix des denrées alimentaires. Cette situation est observée dans les marchés, magasins et boutiques de la ville, suscitant de vives inquiétudes chez les habitants.
Dans les marchés de Maendeleo,
Kalimabenge et Mulongwe, les commerçants et acheteurs interrogés confirment cette
augmentation des prix. Selon eux, cette flambée est principalement liée à la
fermeture de la frontière de Gatumba, reliant la RDC au Burundi, ainsi qu’à
l’interdiction de la circulation sur les voies navales entre Kalemie–Uvira et
Tanzanie–Uvira.
Rachel Tombo, une vendeuse de poisson
d’une trentaine d’années rencontrée au marché de Maendeleo, témoigne de la
rareté des produits et de la baisse des ventes.
« Ici
au marché, les prix ont fortement augmenté. Les marchandises sont rares et se
vendent difficilement. Il n’y a pas d’argent en circulation. Parfois, nous
passons toute la journée sans vendre. Nous rentrons souvent à la maison main
vide sans nourriture pour nos enfants. »
Pour Ngalya Bona, membre de la société
civile à Uvira, cette situation touche durement la population déjà fragilisée
par la crise humanitaire et sécuritaire.
« La
population d’Uvira est affectée par la hausse des prix. Les marchandises
n’arrivent plus normalement comme c'était le cas avant, le pouvoir d’achat est
faible et beaucoup de personnes ne travaillent pas. Même les commerçants
deviennent réticents à investir. Des produits de base comme la farine de maïs
et le riz sont devenus des denrées rares. »
Plusieurs parents rencontrés au marché
de Maendeleo affirment qu’il leur est difficile de subvenir aux besoins
alimentaires de leurs familles durant cette période. Certains produits coûtent
aujourd’hui presque le double par rapport à l’année passée.
« Avant,
nous nous approvisionnions à partir de Bujumbura. Aujourd’hui, la frontière est
fermée. Même le port de Kalundu, par lequel arrivaient les marchandises depuis
Kalemie, est paralysé à cause de la fermeture du lac. Cela a un impact énorme.
Ceux qui mangeaient trois fois par jour ne mangent plus qu’une seule fois. Un
sac de riz qui coûtait 22 dollars se vend actuellement à 45 dollars. »
Byamungu Gustave, expert en économie
dans la province du Sud-Kivu, estime que la stabilisation des prix passe par
plusieurs mesures urgentes.
« Il
faut garantir la sécurité pour permettre la production locale. Nos entités
agricoles doivent produire, mais comment le faire sans sécurité ? Il est aussi
nécessaire d'ouvrir à nouveau certaines frontières pour relancer les activités
économiques. Uvira dépend beaucoup du Burundi et de la voie de Kalemie via Fizi
et Baraka. Nous devons encourager la production locale, assurer la transparence
des prix et maîtriser les marges commerciales. »
Face à cette situation, de nombreux
habitants d’Uvira appellent les autorités à envisager l'ouverture de la
frontière de Gatumba et à autoriser la reprise du trafic maritime entre Kalemie
et Uvira, afin de faciliter l’approvisionnement en denrées alimentaires et de soulager la population.
Article rédigé dans le cadre du projet
HABARI ZA MAHALI financé par la Benevolencija et exécuté par le Consortium
UNPC, COMEL-RDC et UFMP.
La rédaction
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