Uvira : la situation alarmante des femmes déplacées internes face à la précarité et aux violences basées sur le genre
La situation des femmes déplacées internes vivant dans des familles d’accueil ou dans des camps demeure extrêmement préoccupante. Confrontées à des conditions de vie précaires, ces femmes dénoncent une réalité quotidienne marquée par la pauvreté, l’insécurité et des violences basées sur le genre de plus en plus récurrentes.
Interrogées ce mercredi 1ᵉʳ avril 2026 par les reporters de Habari za Mahali, plusieurs déplacées ont
exprimé leur indignation face aux traitements qu’elles qualifient d’inhumains.
La majorité d’entre elles affirment être victimes de violences, mais aussi de
stigmatisation, d’intimidations et de rejets au sein de leurs communautés
d’accueil.
Madale Joséphine, déplacée en provenance de Kamanyola, témoigne avec émotion : « À Uvira, la vie est difficile. Je vis dans une famille d’accueil avec mes enfants, sans aucune assistance. Il nous arrive de manquer de nourriture. Nous souffrons également du manque d’accès aux toilettes pour notre hygiène intime. Nous demandons aux personnes de bonne volonté de nous venir en aide pour survivre. »
De son côté, Alice, originaire de la cité de Sange et actuellement installée à Uvira, décrit des conditions d’habitation alarmantes : « Nos maisons sont couvertes de bâches déjà vétustes. Pour en obtenir de meilleures, il faut payer cher. Nous sommes exposées à des maladies hydriques comme la diarrhée. Pour avoir de l’eau potable, il faut parcourir de longues distances. Ma survie dépend en grande partie des petits travaux comme la lessive. »
Selon Madame Dorcas Basubi, coordinatrice
de FEDICONGO Fédération des femmes pour le développement intégral au Congo, les
conséquences des violences basées sur le genre sont multiples et dévastatrices.
Sur le plan physique, elles peuvent entraîner des handicaps, des grossesses non
désirées, des infections sexuellement transmissibles, y compris le VIH, ainsi
que la stérilité. Sur le plan psychologique, elles provoquent des traumatismes
profonds, l’isolement social, des conflits familiaux, l’abandon et parfois même
la mort.
Elle souligne également que
certaines pratiques culturelles constituent l’une des principales causes de ces
violences, notamment celles qui limitent l’accès des femmes à l’éducation.
Cette situation freine leur autonomisation et leur insertion professionnelle,
perpétuant ainsi leur vulnérabilité.
Pour remédier à cette crise,
Madame Basubi plaide pour un renforcement des campagnes de sensibilisation afin
de déconstruire les normes sociales néfastes et promouvoir les droits des
femmes. Elle insiste sur la nécessité de bannir les pratiques culturelles qui
entravent l’épanouissement féminin et appelle à un soutien accru en faveur de
la réinsertion sociale et économique des survivantes.
Les femmes déplacées d’Uvira pendant ce temps lancent un appel urgent à la solidarité nationale et internationale. Elles
espèrent une mobilisation accrue des autorités, des organisations humanitaires
et des acteurs de la société civile pour améliorer leurs conditions de vie et
garantir leur dignité.
Article rédigé dans le cadre
du projet HABARI ZA MAHALI financé par la Benevolencija et exécuté à Uvira par
le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.
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