Uvira : le changement climatique à la base de la crise alimentaire, la population en difficulté
La ville d’Uvira connaît actuellement une crise alimentaire préoccupante, qui suscite l’inquiétude au sein de la population. Cette situation est due notamment au changement climatique pendant la phase A de la saison culturale et à la destruction de certains champs abandonnés par les cultivateurs à la suite de l'insécurité qui persiste dans la zone.
Certains
agriculteurs interrogés à Luvungi ce vendredi 30 janvier 2026 font savoir
qu'ils traversent un calvaire causé par le changement climatique et la
destruction de leurs champs par des inconnus pendant qu'ils étaient en exil
suite à l'insécurité.
Ces
agriculteurs font état d’une situation financière critique alors qu’ils
entament la deuxième phase de la saison culturale, une période qui, selon eux,
est propice à l’agriculture. Ils évoquent un manque de moyens financiers pour
l’acquisition d’engrais et la location de machines nécessaires pour mener à
bien leurs activités agricoles.
Pour
Romelus Bitangirwa, spécialiste en science du sol et vice-doyen de la faculté
des sciences agronomiques et environnement à l'université Notre-Dame de
Tanganyika, l'agriculture dans le territoire d'Uvira est confrontée à plusieurs
défis dus notamment à l’insécurité et aux conflits qui persistent dans la région
et qui impactent beaucoup plus l'agriculture.
Romulus
Bitangirwa s'inquiète de la vie des paisibles citoyens qui vivent d'importations
car : « ici on produit peu
et cela conduit à une famine très aiguë. La situation reste chaotique si les
agriculteurs n'accèdent plus à leurs champs comme d'habitude, la famine va tuer
les gens si nous dépendons de l'extérieur car le trafic Uvira-plaine de la
Ruzizi est coupé », a-t-il renchéri.
Me
Ghislain Kabamba Barhaiga, de l'Observatoire Droits, justice et gouvernance locale pour la cohésion sociale en RDC, estime qu’il est temps pour les Uvirois
de se mettre ensemble pour développer l'esprit de paix et de vivre ensemble. « À ce moment, on doit chercher les
solutions liées au secteur agricole car le problème climatique et environnemental
doit être protégé et chacun y apporte sa contribution », a-t-il dit.
Barhaiga
préconise l’adoption de nouvelles méthodes de fertilisation des sols, incluant
l’utilisation d’engrais chimiques et organiques, ainsi que de semences adaptées
aux conditions climatiques locales. « Sans
ces démarches, la famine s’installera et Uvira en sera la victime »,
avertit-il.
Il
lance également un appel à toutes les organisations humanitaires, tant
nationales qu’internationales, œuvrant dans le secteur agricole, afin de
soutenir les communautés locales dans la résolution des problèmes
d’infertilité, de climat et de semences.
La situation à Uvira nécessite une attention urgente et collective pour éviter une crise alimentaire prolongée qui mettrait en péril la vie de nombreux citoyens.
Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI financé par la Benevolencija et exécuté par le consortium UNPC, COMEL et UFMP.
La rédaction
Le recours aux engrais chimiques devrait être encadré si pas interdit pour éviter la pollution chimique du sol, les dangers sur la santé des agriculteurs et des consommateurs...