Uvira : l’élevage ; un levier pour la résilience économique des déplacés de guerre.
Dans le territoire d’Uvira ; durement affecté par les conflits armés ; des milliers de familles déplacées tentent de reconstruire leur vie. Face à la précarité persistante, l’élevage s’impose progressivement comme une solution durable pour renforcer leur autonomie économique et alimentaire.
Depuis plusieurs années,
la région accueille un afflux important de déplacés ayant fui les violences
dans les hauts et moyens plateaux. Ces populations vivent souvent dans des
conditions difficiles ; dépendant en grande partie de l’aide humanitaire.
Cependant, des initiatives locales et humanitaires encouragent
aujourd’hui des activités génératrices de revenus, notamment
l’agriculture et l’élevage, afin de favoriser leur résilience. Dans cette
région où l’économie repose largement sur l’agriculture familiale, l’élevage
occupe une place importante. Il constitue une source de revenus ; mais
aussi un moyen de renforcer la sécurité alimentaire des ménages.
Pour ISHARA Clément,
vétérinaire et responsable de l’abattoir de Kasenga dans le cadre du projet
PICAGL, nous avions reçu des taureaux que nous avions distribués aux éleveurs
dans le territoire d’Uvira, une distribution qui a aidé les éleveurs à améliorer
la production de tiers. Avec le projet, on avait formé les vétérinaires
avec les segmentations artificielles, alors quand on a amené ces taureaux,
on était obligé de les distribuer aux éleveurs. Les bénéficiaires ont
effectivement reçu la formation. Nous avons réalisé des descentes sur le
terrain, notamment à Sange, à Kiliba et dans d'autres localités de la plaine,
pour former et accompagner les éleveurs.
Concernant les résultats
concrets sur la vie des élévations, ISHARA Clément rapporte qu'un changement
majeur s'est observé. Avant le projet, l'élevage était souvent une activité de
prestige : au village, le nombre de têtes de bétail déterminait le statut
social, mais la production restait faible. Grâce aux formations, les mentalités
ont évolué : les éleveurs ont commencé à s'intéresser à l'élevage pour la
production, en privilégiant notamment les vaches laitières plutôt que les races
locales peu productives.
Aujourd'hui, on constate une
augmentation notable de la production laitière dans la plaine de la Ruzizi.
Cette progression a été freinée par les épisodes d'insécurité, mais la tendance
était clairement à la hausse avant ces perturbations. L'impact est positif :
par exemple, un éleveur qui produit désormais 10 bidons de lait par jour peut,
en quelques mois, accumuler suffisamment de revenus pour améliorer significativement
ses conditions de vie, construire une maison, acheter un véhicule, etc.
Pour soutenir les éleveurs
afin de promouvoir la résilience économique locale, ISHARA Clément,
vétérinaire et responsable de l’abattoir de Kasenga, pense que les organisations
humanitaires doivent au préalable multiplier les séances de formation en
élevage, l’octroi des taureaux de la race améliorée, mais également la
facilitation de moyens de transport à travers l’octroi des véhicules pour
transporter les laits produits à l’intérieur vers les centres de consommation.
Dans des villages
d’accueil ; des éleveurs témoignent d’un nouveau départ. Pour certains
déplacés de guerre à Uvira, l’élevage est un levier économique.
« Moi ; J'élève les porcs, lorsqu’ils mettent bas, je vends les porcelets ;
je trouve de l’argent et je paie la scolarité pour mes enfants et d’autres
pour la restauration », confie une éleveuse déplacée de guerre à
Uvira. Et d’ajouter : « Si moi
j’élève les chèvres, c’est juste pour qu’elles puissent m’aider. Lorsque je
tombe malade ou alors lors d’un quelconque problème, je cours vendre la chèvre
car c’est la seule aide que j’ai sur moi ».
Dans ce même cas ; ces
éleveurs montrent les difficultés auxquelles ils sont confrontés. « Ces porcs sont dans une porcherie ; je
cherche moi seul la nourriture pour leur alimentation, mais pour aujourd’hui ça
devient difficile d’avoir la nourriture pour leur prise en charge car je
n’ai pas d’argent. Certains sont volés à la recherche de quoi manger et je
résiste seulement car je suis déjà habitué à cet élevage. Les
chèvres ; elles, quand elles sont ici, elles broutent au niveau des
cimetières, c’est de là qu’elles trouvent les herbes pour la survie ».
Malgré cette résilience, des
petits éleveurs font face à des défis énormes, notamment l’accès limité aux
soins vétérinaires pour leurs bétails, ce qui limite aussi la reproduction
et la rentabilité. L'un des vétérinaires
de la place en parle.
« À Uvira, nous avons des pharmacies vétérinaires où il y a presque
tous les produits vétérinaires, mais une seule erreur constatée :
nos éleveurs partent dans des pharmacies ; achètent des produits et
partent soigner les animaux sans pour autant consulter le vétérinaire.
Peut-être par là ; ils peuvent faire le surdosage, soit l’injection des produits
non conformes à la maladie dont souffre l’animal, chose qui pourra créer la
chimiorésistance », indique un vétérinaire de la place.
Selon lui ; pour que la
population soit en bonne santé il faut d’abord que toutes les bêtes soient
soignés.
« Si vous allez à Kalimabenge ; à Mulongwe même dans la plaine en
partance vers Bukavu ; vous verrez qu’il y a beaucoup de gens qui
achètent du lait et partout dans des restaurants où l’on grille les viandes. Si toutes ces bêtes-là n’étaient pas en bonne santé et si par mégarde les gens
parvenaient à les consommer, une seule vache peut tuer beaucoup de
ménages ici à Uvira. »
Article rédigé dans le cadre
du projet HABARI ZA MAHALI financé par la Benevolencija et exécuté à Uvira par
le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.
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