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lpa | 01 avril 2026 | 104 vues

Uvira : l’élevage ; un levier pour la résilience économique des déplacés de guerre.

Dans le territoire d’Uvira ; durement affecté par les conflits armés ; des milliers de familles déplacées tentent de reconstruire leur vie. Face à la précarité persistante, l’élevage s’impose progressivement comme une solution durable pour renforcer leur autonomie économique et alimentaire.

Depuis plusieurs années, la région accueille un afflux important de déplacés ayant fui les violences dans les hauts et moyens plateaux. Ces populations vivent souvent dans des conditions difficiles ; dépendant en grande partie de l’aide humanitaire. Cependant, des initiatives locales et humanitaires encouragent aujourd’hui des activités génératrices de revenus, notamment l’agriculture et l’élevage, afin de favoriser leur résilience. Dans cette région où l’économie repose largement sur l’agriculture familiale, l’élevage occupe une place importante. Il constitue une source de revenus ; mais aussi un moyen de renforcer la sécurité alimentaire des ménages.

Pour ISHARA Clément, vétérinaire et responsable de l’abattoir de Kasenga dans le cadre du projet PICAGL, nous avions reçu des taureaux que nous avions distribués aux éleveurs dans le territoire d’Uvira, une distribution qui a aidé les éleveurs à améliorer la production de tiers. Avec le projet, on avait formé les vétérinaires avec les segmentations artificielles, alors quand on a amené ces taureaux, on était obligé de les distribuer aux éleveurs.  Les bénéficiaires ont effectivement reçu la formation. Nous avons réalisé des descentes sur le terrain, notamment à Sange, à Kiliba et dans d'autres localités de la plaine, pour former et accompagner les éleveurs.

Concernant les résultats concrets sur la vie des élévations, ISHARA Clément rapporte qu'un changement majeur s'est observé. Avant le projet, l'élevage était souvent une activité de prestige : au village, le nombre de têtes de bétail déterminait le statut social, mais la production restait faible. Grâce aux formations, les mentalités ont évolué : les éleveurs ont commencé à s'intéresser à l'élevage pour la production, en privilégiant notamment les vaches laitières plutôt que les races locales peu productives.

Aujourd'hui, on constate une augmentation notable de la production laitière dans la plaine de la Ruzizi. Cette progression a été freinée par les épisodes d'insécurité, mais la tendance était clairement à la hausse avant ces perturbations. L'impact est positif : par exemple, un éleveur qui produit désormais 10 bidons de lait par jour peut, en quelques mois, accumuler suffisamment de revenus pour améliorer significativement ses conditions de vie, construire une maison, acheter un véhicule, etc.

Pour soutenir les éleveurs afin de promouvoir la résilience économique locale, ISHARA Clément, vétérinaire et responsable de l’abattoir de Kasenga, pense que les organisations humanitaires doivent au préalable multiplier les séances de formation en élevage, l’octroi des taureaux de la race améliorée, mais également la facilitation de moyens de transport à travers l’octroi des véhicules pour transporter les laits produits à l’intérieur vers les centres de consommation.

Dans des villages d’accueil ; des éleveurs témoignent d’un nouveau départ. Pour certains déplacés de guerre à Uvira, l’élevage est un levier économique.

« Moi ; J'élève les porcs, lorsqu’ils mettent bas, je vends les porcelets ; je trouve de l’argent et je paie la scolarité pour mes enfants et d’autres pour la restauration », confie une éleveuse déplacée de guerre à Uvira. Et d’ajouter : « Si moi j’élève les chèvres, c’est juste pour qu’elles puissent m’aider. Lorsque je tombe malade ou alors lors d’un quelconque problème, je cours vendre la chèvre car c’est la seule aide que j’ai sur moi ».

Dans ce même cas ; ces éleveurs montrent les difficultés auxquelles ils sont confrontés. « Ces porcs sont dans une porcherie ; je cherche moi seul la nourriture pour leur alimentation, mais pour aujourd’hui ça devient difficile d’avoir la nourriture pour leur prise en charge car je n’ai pas d’argent. Certains sont volés à la recherche de quoi manger et je résiste seulement car je suis déjà habitué à cet élevage. Les chèvres ; elles, quand elles sont ici, elles broutent au niveau des cimetières, c’est de là qu’elles trouvent les herbes pour la survie ».

Malgré cette résilience, des petits éleveurs font face à des défis énormes, notamment l’accès limité aux soins vétérinaires pour leurs bétails, ce qui limite aussi la reproduction et la rentabilité.  L'un des vétérinaires de la place en parle.

« À Uvira, nous avons des pharmacies vétérinaires où il y a presque tous les produits vétérinaires, mais une seule erreur constatée : nos éleveurs partent dans des pharmacies ; achètent des produits et partent soigner les animaux sans pour autant consulter le vétérinaire. Peut-être par là ; ils peuvent faire le surdosage, soit l’injection des produits non conformes à la maladie dont souffre l’animal, chose qui pourra créer la chimiorésistance », indique un vétérinaire de la place.

Selon lui ; pour que la population soit en bonne santé il faut d’abord que toutes les bêtes soient soignés.

« Si vous allez à Kalimabenge ; à Mulongwe même dans la plaine en partance vers Bukavu ; vous verrez qu’il y a beaucoup de gens qui achètent du lait et partout dans des restaurants où l’on grille les viandes. Si toutes ces bêtes-là n’étaient pas en bonne santé et si par mégarde les gens parvenaient à les consommer, une seule vache peut tuer beaucoup de ménages ici à Uvira. »

Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI financé par la Benevolencija et exécuté à Uvira par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.



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