Uvira : les enfants déplacés, premières victimes d’exploitation et d’abus en contexte de crise humanitaire
À Uvira, dans la province du Sud-Kivu, les enfants déplacés figurent parmi les catégories les plus vulnérables face aux conséquences des crises humanitaires. Entre mendicité, exploitation économique et abus sexuels, plusieurs formes de violences compromettent leur avenir.
Dans
les zones affectées par les déplacements de population, de nombreux enfants se
retrouvent exposés à diverses formes d’exploitation. Selon des témoignages
recueillis ce vendredi à Kabindula et à
Kavimvira, certains d’entre eux sont contraints de travailler pour subvenir aux
besoins de leurs familles, faute de moyens de subsistance pour leurs parents.
« Les enfants déplacés sont les plus touchés
par la crise humanitaire. Leurs parents n’ont souvent pas de travail, et ce
sont les enfants qui se débrouillent pour nourrir la famille »,
explique Zawadi Muzungu Hélène, habitante de Kabindula.
Elle
souligne que ces enfants passent une grande partie de leur temps dans la rue,
où ils s’adonnent à la mendicité. D’autres, plus vulnérables encore, tombent
dans des pratiques à haut risque. «
Certains se lancent dans des activités sexuelles pour survivre et obtenir de
l’argent », ajoute-t-elle avec inquiétude.
Les
formes d’exploitation les plus courantes observées dans ces contextes incluent
le travail des enfants dans des conditions précaires, la mendicité forcée,
l’exploitation sexuelle ainsi que l’abandon scolaire. Ces pratiques, souvent
liées à la précarité, exposent les enfants à des dangers physiques et
psychologiques importants.
Plusieurs
facteurs expliquent cette situation, notamment la pauvreté des ménages
déplacés, le manque d’opportunités économiques et, dans certains cas, la
négligence parentale. Keffa, un jeune de Kavimvira, pointe également certaines
responsabilités familiales : « Le manque
de moyens est une cause majeure, mais il y a aussi la mauvaise volonté de
certains parents qui n’assument pas pleinement leur rôle. »
Face
à cette situation préoccupante, des voix s’élèvent pour appeler à une
intervention urgente des autorités. « Les
autorités doivent veiller à la protection des enfants exploités, surtout les
déplacés, et les ramener à l’école », plaide Keffa.
Dans
un contexte de crise prolongée, la protection des enfants déplacés reste un
défi majeur à Uvira. Sans interventions concrètes et coordonnées, ces « enfants
oubliés » risquent de voir leurs droits fondamentaux durablement
compromis.
Article
rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI financé par la Benevolencija et
exécuté à Uvira par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.
La Rédaction
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