Débat constitutionnel en RDC : à Uvira, le Nouvel Élan critique une Constitution « issue des rébellions »
Le parti politique Nouvel Élan cher à Adolphe Muzito a réaffirmé son soutien à une réforme de la Constitution de la République démocratique du Congo, estimant que l’actuelle loi fondamentale trouve son origine dans les accords conclus entre les anciens belligérants au sortir des conflits armés qui ont marqué le pays.
Au cours d’un meeting
populaire tenu ce samedi 30 mai 2026 à Uvira, chef-lieu provisoire de la
province du Sud-Kivu, M. Nganya Mwendo Dieumerci, interfédéral de Nouvel Élan et
conseiller du ministre du Budget Adolphe Muzito, a défendu l’ouverture d’un
débat national sur l’opportunité de changer la Constitution.
S’adressant à la population, M.
Nganya Mwendo Dieu merci a soutenu que la Constitution actuellement en vigueur
a été élaborée dans le contexte des négociations politiques ayant suivi les
guerres qui ont secoué la RDC. Selon lui, les principaux artisans du texte
constitutionnel étaient issus des différentes composantes politico-militaires
engagées dans le processus de paix de l’époque.
Pourtant, « dans un régime démocratique, le pouvoir
appartient au peuple. Il revient donc au peuple congolais de se prononcer sur
l’opportunité de maintenir ou de changer cette Constitution », a déclaré M.
Nganya Mwendo devant les participants au rassemblement.
Ce cadre de Nouvel Élan a
appelé la population congolaise en général, et celle d’Uvira en particulier, à
soutenir l’initiative visant à réexaminer la loi fondamentale. À ses yeux, une
nouvelle Constitution pourrait contribuer à renforcer le caractère républicain
des institutions et à répondre aux défis sécuritaires auxquels le pays demeure
confronté.
Abordant la situation de
conflit persistante dans l’Est de la RDC, il a établi un lien entre les crises
armées récurrentes et les frustrations politiques qui, selon lui, ont souvent
conduit certains acteurs à prendre les armes après leur exclusion des sphères
de pouvoir.
« Le peuple congolais est fatigué des guerres répétitives et des
rébellions. Il doit pouvoir décider souverainement de l’avenir de ses institutions
», a-t-il affirmé.
Sur le plan juridique, M.
Nganya Mwendo a soutenu que la Constitution n’interdit pas son propre
amendement ou son remplacement, rappelant que la souveraineté appartient au
peuple. Il a indiqué que toute évolution constitutionnelle devrait se faire
dans le respect des mécanismes démocratiques prévus par la loi.
L’interfédéral de Nouvel Élan
s’est également prononcé en faveur du dialogue politique et de l’unité
nationale face à l’insécurité dans l’Est du pays. Il a appelé les différentes
forces politiques, majorité comme opposition, à travailler ensemble pour faire
face à ce qu’il qualifie d’agression extérieure et contribuer au retour durable
de la paix.
Cette prise de position
intervient dans un contexte où la question d’une éventuelle réforme
constitutionnelle continue d’alimenter les débats au sein de la classe
politique congolaise, entre partisans d’une révision et défenseurs du maintien
du texte actuel.
Pascal BAHUNDE – LPA Sud-Kivu
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