Uvira : JEC s’engage pour la paix et le vivre-ensemble à travers les femmes à Sange
L’Association Jeune pour l’Éducation à la Citoyenneté (JEC) multiplie les initiatives en faveur de la promotion de la paix et du vivre-ensemble dans la cité de Sange, territoire d’Uvira en province du Sud-Kivu.
L’annonce a été faite par Patience
Sophia, animatrice principale de cette organisation, au cours d’une interview
accordée à notre rédaction. Selon elle, JEC dispose en son sein d’un groupe de
filles et de femmes issues de différentes communautés de la cité.
Ce groupe organise, à la fin de chaque
mois, des rencontres communautaires visant à renforcer la cohésion sociale et à
promouvoir une culture durable de la paix.
« Au
cours de ces rencontres, nous enseignons aux filles et aux femmes comment vivre
ensemble afin de promouvoir la paix », a expliqué Patience Sophia. Elle
précise que le choix de travailler principalement avec les femmes est
stratégique.
D’après elle, la femme joue un rôle
central dans la construction de la paix et constitue un pilier fondamental du
vivre-ensemble au sein des communautés.
« La
femme est souvent la première victime lorsque des conflits éclatent. Éduquer
une femme, c’est éduquer toute une nation », a-t-elle insisté.
Les femmes formées lors de ces
rencontres deviennent, à leur tour, des relais communautaires de
sensibilisation. À travers les réunions familiales, les échanges communautaires
ou les rencontres entre voisines, elles transmettent les messages reçus,
permettant ainsi de toucher un public plus large.
Dans le même esprit, Emanuel Bugoma
Musafiri, acteur communautaire, appelle à une valorisation de la diversité
culturelle comme socle du développement et de la paix, surtout en cette période
marquée par des crises.
« La
diversité culturelle constitue une richesse et une force pour le développement
d’un pays », affirme-t-il, estimant que le dialogue doit toujours être
privilégié au détriment de la violence dans la résolution des conflits. « Encourager le dialogue entre nous permet de
résoudre les différends et de renforcer la nation ainsi que les communautés
», a-t-il déclaré, tout en invitant les populations à consolider la solidarité
communautaire.
Il souligne par ailleurs que, dans un
contexte de mondialisation, certaines valeurs de solidarité tendent à s’éroder.
Il encourage ainsi un retour aux mécanismes traditionnels de solidarité
africaine, tels que l’entraide entre voisins, familles et communautés, afin de
faire face durablement aux défis actuels.
Emanuel Bugoma Musafiri met également
en garde contre certaines pratiques nuisibles à la cohésion sociale, notamment
les stéréotypes et les généralisations abusives.
« Il
est dangereux de généraliser l’erreur d’un individu à toute une communauté ou à
une tribu », a-t-il averti, appelant à la tolérance et au respect mutuel.
Malgré l’impact positif de ces
initiatives, JEC fait face à d’importants défis, notamment le manque de
financement, qui freine l’extension de ses actions vers d’autres localités
situées en dehors de la cité de Sange.
« Lorsque
nous voulons sensibiliser les femmes et les filles des localités voisines, nous
sommes confrontés au manque de moyens financiers, notamment pour la prise en
charge du transport », a déploré Patience Sophia.
Malgré ces contraintes, JEC réaffirme
son engagement en faveur de la paix, de la citoyenneté responsable et du
vivre-ensemble, tout en lançant un appel aux partenaires et aux personnes de
bonne volonté afin d’élargir l’impact de ses actions.
Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI financé par la Benevolencija et exécuté par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.
Nous encourageons cet acte salutaire qui constitue l’engagement de JEC en faveur de la communauté.